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20/08/2007

DE CHARTRES à NANTES - 4

Après ILLIERS-COMBRAY et Marcel PROUST, partons vers le sud pour effectuer un pélerinage sur les lieux d'une première rencontre, celle d'un des personnages les plus populaires de la littérature française avec son public.

Nous voici donc rendus à MEUNG SUR LOIRE ( se prononce Min-sur-Loire) petite ville située dans le Loiret. Les habitants s'appellent les Magdunois

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Nous sommes le premier lundi d'avril 1625. Le bourg  de Meung est en émoi à cause d'un jeune homme d'ARTAGAN.
"Traçons son portrait d'un seul trait de plume : figurez-vous Don Quichotte à dix-huit ans, Don Quichotte décorcelé, sans haubart et sans cuissardes, Don Quichotte revêtu d'un pourpoint de laine dont la couleur bleue s'était transformée en une nuance insaisissable de lie-de-vin et d'azur céleste. Visage long et brun, la pommette des joues saillante, signe d'astuce, les muscles maxillaires énormément développés, indice infaillible auquel on reconnaît le Gascon... "

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Le jeune d'Artagnan, cadet de Gascogne, allant à Paris chercher fortune dans les mousquetaires, se fait humilier par Rochefort en présence de la belle Milady, tout deux agents de Richelieu. Rochefort lui prendra sa lettre de recommandation écrite par son père à l’intention de M. de Tréville, capitaine des mousquetaires du Roi. A Paris, d’Artagnan voit quand même M. de Tréville, mais en sortant, il bouscule Athos, se prend le manteau de Porthos, ramasse un mouchoir compromettant d’Aramis et se retrouve au final avec trois duels sur les bras contre les mousquetaires. L'arrivée des gardes du Cardinal interrompt le premier duel et voit d'Artagnan prendre aussitôt le parti de ses compagnons, dont les adversaires sont défaits et mis en fuite.....

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La ville de Meung sur Loire, Dumas nous le rappelle d'ailleurs, pouvait s'enorguellir d'avoir été la terre natale du poète Jean de Meung, qui composé la seconde partie d'un des chefs d'oeuvres de la littérature médiévale, Le roman de la Rose, la première partie étant attribuée à Guillaume de Lorris.

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La ville est située sur la rive nord de la Loire à une quinzaine de kilomètres d'Orléans. Elle est traversée par les Mauves, ensemble de trois rivières, issues de la nappe de Beauce et qui s'écoulent vers le fleuve sous forme de petits canaux à flux rapide permettant de faire fonctionner différents moulins. Les mauves comportent sur ses rives de nombreux moulins (près de 29 édifices, à farine, à papier ou "à tan" pour la tannerie) certains transformés en appartements. Il ne subsiste plus que deux moulins en activité, mus par l'électricité.

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A l'époque gallo-romaine, la ville se nomme Magdunum, terme signifiant un « marché fortifié » par une forteresse.Le centre ville est un lieu très apprécié, tant pour son Château, sa collégiale, et sa porte médiévale dite "d'Amont", que par ses rues et venelles pittoresques. 

La collégiale Saint-Liphard (ou Saint-Lifard), du XIe au XIIIe siècle

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Le château de Meung-sur-Loire,

résidence de campagne des évêques d'Orléans, voisin de la collégiale, a été construit et détruit à plusieurs reprises. Les parties existantes les plus anciennes datent du XIIe siècle et furent bâties par Manassès de Seignelay (évêque de 1207 à 1221). Subsistent actuellement le corps principal de forme rectangulaire, flanqué de trois tours (la dernière ayant été détruite).

 

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Il fut occupé par les anglais lors de la guerre de cent ans. La façade postérieure fut reconstruit de style classique par Fleuriau d'Armenonville (évêque de 1713 à 1733). Le château de caractérise également par la présence de souterrains comportant des cachots, une chapelle et où sont visibles différents instruments de torture médiévaux dont l'un servait pour le "supplice à l'eau".  

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photo internet

La Porte d'amont

est le seul reste des fortifications ayant cerné la ville. Elle date de 1629. Elle comporte une horloge dont le cadran compte 61 minutes !

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Les rues et venelles

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 Les insolites

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Les bords de loire 

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Les personnalités liées à la ville

Le poète François Villon a été jeté dans un cul-de-basse-fosse près du château de Meung

L'évêque d'Orléans Louis Sextius Jarente de la Bruyère qui se retira au château.

Le peintre Dominique Ingres y habitait régulièrement entre 1853 et 1866.

Le chansonnier Gaston Couté y passa son enfance.

Le commissaire Maigret, personnage fictif de Georges Simenon  y passait volontiers ses vacances.

à suivre

(réf. Les trois mousquetaires (Alexandre Dumas) sources internet - photos. perso.)

14/06/2007

DE CHARTRES A NANTES - 3

Notre promenade "Du côté de chez SWANN" va nous conduire à l'ultime étape d'ILLIERS-COMBRAY, le Pré Catelan, le jardin de l'oncle Jules Amiot, un havre de paix et de fraîcheur où il fait bon se promener.
Partant de la maison de tante Léonie par le rue du Château nous prenons la rue des Lavoirs

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à pas lents nous descendons vers le Loir et remontons le sentier
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jusqu'à l'entrée du Pré Catelan
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Le jardin est là mystérieux sous les frondaisons duquel nous nous enfonçons......
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Un pigeonnier
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Une volière
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Quelques fleurs
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Pour vivre heureux vivons cachés ....
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La journée se termine.... il faut rentrer
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J'irais bien refaire un tour du côté de chez Swan
Revoir mon premier amour qui me donnait rendez-vous sous le chêne
Et se laissait embrasser sur la joue
Je ne voudrais pas refaire le chemin à l'envers
Et pourtant je paierais cher pour revivre un seul instant
Le temps du bonheur à l'ombre d'une fille en fleurs
.......

13/06/2007

DE CHARTRES A NANTES - 2

Continuons à nous promener au pays de Marcel PROUST. Faisons une petite halte dans la maison de tante Léonie à ILLIERS-COMBRAY

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Berceau de la famille paternelle de Marcel Proust Illiers est devenu Combray dans l'oeuvre romanesque. C'est depuis 1971 que le village s'est enrichi de ce patronyme devenue mondialement célèbre.
Aménagée en 1954 par Philibert-Louis Larcher et Germaine Amiot cette maison était celle de Jules et Elisabeth Amiot, oncle et tante paternelle du futur écrivain. Marcel Proust y passa ses vacances entre six et neuf ans. avant de faire de cet endroit un lieu d'inspiration. En 1886 à l'âge de 15 ans, après le décès de sa tante, Marcel Proust revient pour la dernière fois à Illiers et naît alors le besoin d'entreprendre un voyage imaginaire qui le mènera plus tard vers l'écriture de son oeuvre "A la Recherche du Temps Perdu".
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La maison s'ouvre sur un jardin fleuri que l'écrivain décrira comme une véritable "petit officine vivante". A l'époque où l'enfant venait, on y trouvait parmi beaucoup de pensées, des orangers, des palmiers nains, des statues polychromes sur leurs socles en bois ciselé d'inspiration mauresque et la baigneuse de Falconet dont l'auteur se souvient lorsqu'il pénètre chez Madame de Montmorency dans son hôtel du Boulevard Saint Germain.
"les soirs où, assis devant la maison sous le grand marronnier, autour de la table de fer, nous entendions au bout du jardin, non pas le grelot profus et criard qui arrosait, qui étourdissait au passage de son bruit ferrugineux, intarissable et glacé, toute personne de la maison qui le déclenchait en entrant "sans sonner", mais le double tintement timide, ovale et doré de la clochette pour les étrangers, tout le monde aussitôt se demandait : "une visite, qui cela peut-il être ?" mais on savait bien que ce ne pouvait être que M. Swann."
La façade de la maison a retrouvé la décoration orientaliste que l'oncle revenu de ses voyages en Algérie avait substitué aux colombages d'origine.
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Au rez de chaussée, la salle à manger avec ses boiseries d'origine est la pièce où l'enfant aimait s'installer le matin pour s'adonner à sa passion : la lecture.
"Le matin je me glissais dans la salle à manger, où jusqu'à l'heure encore lointaine du déjeuner, personne n'entrerait et où je n'aurais pour compagnons, très respectueux de la lecture, que les assiettes peintes accrochées au mur, le calendrier dont la feuille de la veille avait été fraîchement arrachée, la pendule et le feu qui parlent sans demander qu'on leur réponde......"
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"Dès qu'on sonnait le dîner, j'avais hâte de courir à la salle à manger où la grosse lampe de la suspension, ignorante de Golo et de Barbe Bleue , et qui connaissait mes parents et le boeuf à la casserole, donnait sa lumière de tous les soirs." .
La poursuite de la visite est un enchantement, passant de la pittoresque cuisine avec son potager intact et sa "souillarde", au salon rouge permettant de découvrir les portraits des parents ainsi que le mobilier Proust-Weil, dont une table à ouvrage en marqueterie de Boulle au chiffre de Madame Proust ainsi que son écritoire de jeune fille aux incrustations d'ivoire. Accoudé à une pièce donnant sur le jardin, le salon oriental est comme un petit coin d'Algérie.
L'escalier que dans l'oeuvre l'enfant emprunte tristement les soirs où Monsieur Swann vient dîner, avec au bout du petit couloir la chambre de Marcel avec la belle lanterne magique et ses plaques de verres peints contant les aventures de Geneviève de Brabant, celle de sa tante, là où le dimanche matin elle lui offre rituellement le petite gâteau, la madeleine trempée dans son infusion de tilleul.....
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En montant au deuxième étage, on quitte la campagne beauceronne pour se retrouver dans le "Paris de Proust" à la charnière des deux siècles, grâce à un superbe ensemble de photographies de Paul Nadar, l'un des fils du grand Félix Tournachon dit "Nadar" pour une large rétrospective de la Haute société parisienne de l'époque, des personnalités du monde de l'art, des amis très chers à l'écrivain et certains des modèles qui l'inspirèrent , dont les plus célèbres furent Charles Haas pour Swann, Robert de Montesquiou pour le Baron Charlus, Madame Benardaky et Laure Hayman pour Odette de Crécy et bien sûr la comtesse Greffulhe pour la duchesse de Guermante.
La visite s'achève par le musée qui rassemble de très nombreux souvenirs liés à l'écrivain...... des livres de sa bibliothèque, des photographies, de la correspondance, des objets et documents familiaux . Deux vitrines l'une dédiée à Céleste Albaret qui resta neuf ans au service de l'écrivain entre 1913 et sa mort le 18 novembre 1922 à l'âge de cinquante et un an, l'autre à la famille Amiot et à Illiers.

à suivre

(sources documents "les amis de Marcel Proust" et perso.).

12/06/2007

DE CHARTRES à NANTES - 1

Il m'arrive de temps en temps d'avoir des vélléités de rangements de printemps, d'automne, d'hiver, d'été ou pour rien comme çà.... La dernière poussée m'a remis dans les mains un petit livre offert par un club littéraire auquel je suis adhérente et m'a entrainée dans une jolie promenade à travers la France. Il m'est venue à l'idée de vous en faire partager quelques extraits au gré de mes promenades dominicales.

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Dès la Renaissance, les rives de la Loire ont concentré quelques-uns des plus grands talents de la littérature française : Ronsard en Vendômois, Rabelais déchaînant les guerres picrocholines autour de Chinon, du Bellay chantant les charmes perdus de son petit Liré entre Nantes et Angers.
Depuis d'autres talents se sont laissé séduire par les douceurs ligériennes : Alexandre Dumas qui nous présente d'Artagnan à Meung sur Loire, Marcel Proust décrivant son enfance à Illiers-Combray, Honoré de Balzac à Tours et la vallée où va s'éclore un lys......
Commençons ce parcours à Chartres.
Charles Péguy, né le 7 janvier 1873 à Orléans (Loiret), mort le 5 septembre 1914 à Villeroy (Seine-et-Marne) était un écrivain, poète et essayiste français. Fasciné au moment de l'affaire Dreyfus par l'héroïsme et la sainteté, hanté depuis toujours par le personnage de Jeanne d'Arc, il développera deux thèmes principaux dans toute son oeuvre : le combat, en l'homme, du divin et du mortel et la réinsertion du spirituel dans l'intemporel.
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Convertit au catholicisme en 1908, il a composé, entre autres ouvrages, une ode à la cathédrale "Présentation de la Beauce à Notre Dame de Chartres" ....
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Un homme de chez nous, de la glèbe féconde
a fait jaillir ici d'un seul enlèvement
et d'une seule source et d'un seul portement,
vers votre assomption la flèche unique au monde......

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Rejoignons les rives du fleuve en traversant le pays de Marcel Proust des deux côtés de Combray. Illiers-Combray (la ville s'est adjointe son nom de fiction) se trouve à l'ouest de Chartres.
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...."Combray de loin, à dix lieues à la ronde, vu du chemin de fer quand nous y arrivions la dernière semaine d'avant Pâques, ce n'était qu'une église résumant la ville, la représentant, parlant d'elle et pour elle aux lointains,
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et, quand on approchait, tenant serrés autour de sa haute mante sombre, en plein champ, contre le vent, comme une pastoure ses brebis, les dos laineux et gris des maisons rassemblées qu'un reste de remparts du moyen Age cernait çà et là d'un trait aussi parfaitement circulaire qu'une petite ville dans un tableau de primitif.
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A l'habiter, Combray était un peu triste, comme ses rues dont les maisons construites en pierre noirâtres du pays, précédées de degrés extérieurs, coiffées de pignons qui rabattaient l'ombre devant elles, étaient assez obscures pour qu'il fallût dès que le jour commençait à tomber, relever les rideaux dans les "salles".
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Des rues aux graves noms des saints (desquels plusieurs se rattachaients à l'histoire des premiers seigneurs de Combray) : rue Saint Hilaire, rue Saint Jacques où était la maison de ma tante, rue Sainte Hisdegarde où donnait la grille et rue du Saint Esprit sur laquelle s'ouvrait la petit porte latérale de son jardin. Et ces rues de Combray existent dans une partie de ma mémoire...."
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lorsqu'on voulait sortir de la maison familiale....
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"il y avait autour de Combray deux "côtés" pour les promenades et si opposés qu'on ne sortait pas en effet de chez nous par la même porte quand on voulait aller d'un côté ou de l'autre :
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le côté de Méséglise la Vineuse, qu'on appelait aussi le côté de chez Swann parce qu'on passait devant la propriété de M.Swann (le château de Tansonville) pour aller par là, et le côté de Guermantes...."

Un auteur de roman policier contemporain nous donne de cet endroit enchanteur une image nettement moins idyllique : "la maison de tante Léonie, une bâtisse grise, au carrefour de deux rues sans caractère.....
C'est pourtant à cet endroit qu'est né un des hauts lieux de la littérature française !.
à suivre


(réf. A la recherche du temps perdu - Du côté de chez Swann - Le côté de Guermantes de Marcel Proust
Meurtre chez tante Léonie - Estelle Monbrun)
sources "les plus belles promenades littéraires en France (Le Club) - Photos perso.

 
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