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01/08/2008

OUI MAI....APRES

L'ETE 1968 A ORLEANS ....

En 1968, la france ne compte que 2,7 % de chômeurs.

L'emploi n'est pas un problème et sur les pages de "La République du centre " réservées aux annonces, les offres se déclinent souvent au pluriel. L'Unelec, rue d'Ambert recherche ainsi des "tourneurs, ajusteurs, serruriers, chaudronnier, électromécaniciens, électriciens". Les Ateliers Pierre Gouju faubourg Madeleine, sont en quête de "toliers, menuisiers, ébénistes, machinistes, serruriers". Simone Pérèle quant à elle des "mécaniciennes sachant piquer sur les machines industrielles".

L'emploi n'est pas un problème, même pour les personnes peu ou pas qualifiées. Si Rivierre-Casalis recherche "de jeunes toliers titulaires du CAP" la fonderie Chenesseau à Saint Jean de Braye, embauche des "manoeuvres à spécialiser en fonderie".   La formation se fera sur le tas. Même chose aux établissements Bril (confection quai du roi) qui recherchent des "jeunes filles nées en 1950/1951/1952, sans qualification spéciale et désirant apprendre un métier. Le CV n'est en conséquence exigé que pour les emplois les plus qualifiés : une offre pour un poste de "cadre commercial dans une Société internationale" énumère ses exigences (connaissances comptables, expérience professionnelles, sens du commerce, facilité de rédaction et "si possible connaissance des problèmes de crédit") et réclame un CV avec "photo et prétentions". Mais il s'agit d'une exception : la règle générale veut qu'on se présente à l'entreprise aux heures d'ouvrture et que l'embauche se décide dans la foulée.

Les entreprises ont besoin de main-d'oeuvre. Elles font donc valoir les avantages qu'elles proposent.

 La SOFACO, de Fleury les Aubrais recherche des soudeurs à l'arc. Elle précise qu'elle dispose d'une cantine et que les horaires sont de 50 heures en cinq jours..... soit quatre heures de moins que les maximales hebdomadaires !

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Les entreprises ne font pas la fine bouche. L'Etat français non plus : il a besoin de bras et les étrangers sont bienvenus... Courant juin, il a décidé d'un quota pour l'entrée en France de main-d'oeuvre algérienne : il s'établit à mille personnes par mois !

C'était il y a très longtemps .... On travaillait très dur, mais il n'y avait  presque pas de chômeurs. Et pas du tout de sans papiers........

UN TEMPS QUE LES MOINS DE QUARANTE ANS 

 NE PEUVENT PAS CONNAITRE !!!!

(sources journal Rép. Centre)

03/07/2008

ETRE UNE FEMME EN MAI 1968.....

C’était au temps des épouses qui devaient suivre leur mari, des pères chefs  de famille, du « papa lit et maman coud » ». C’était au temps où les épouses venaient juste d’avoir le droit de travailler sans l’autorisation de leur mari, au temps des « jeunes » filles, au temps où les filles étaient couturière ou dactylo. C’était au temps du « travaille et tais-toi ». En un mot, les idées rétrogrades et infériorisantes reléguaient les femmes dans un rôle de sœur, mère, d’épouse où aucune d’elles n’avaient le droit de disposer de son corps.

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Et, Mai 1968 est venu tout chambouler. Bien sur, nos aînées féministes avaient déjà mené des combats libérateurs et engrangé quelques conquêtes remarquables (Ecoles primaires pour les filles en  1850 – protection des femmes au travail en 1874 – autorisation d’ouvrir un livret de Caisse d’épargne en 1881 – congés de maternité sans traitement en 1909 – accès à l’enseignement secondaire en 1924 – droit de vote en 1944 – accès à la contraception en 1967). Mais l'histoire nous apprend qu’en matière d’émancipation féminine rien n’est irréversible. Il suffit d’une vigilance qui se relâche et c’est reparti : les femmes sont les première à trinquer, elles doivent « rentrer à la maison ».

Mai 1968 n’a pas éclaté dans un ciel serein. Des féministes il y en avait déjà. Des salariées qui luttaient pour l’égalité des salaires, les semaines moins longue, la baisse des cadences et quelques fois le respect de la dignité il y en avaient aussi, comme des mères qui réclamaient un congé de maternité rémunéré. Pourtant quand la grève gagne les grands magasins, la Sécurité sociale, les chèques postaux, les centraux téléphoniques, les entreprises du textile, on comprend tout de suite qu’un vent nouveau se met à souffler. Il y a des milliers de cas où les femmes ont conduit et organisé leur grève tant il était essentiel pour elles d’exister, de décider, de mettre en cause une immense autorité aux multiples facettes.

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L’apport de mai 1968 à l’émancipation des travailleuses ne se décèle pas dans le contenu du relevé de conclusions de Grenelle où il n’y a aucune mesure spécifique. Il n’est d’ailleurs pas certain que de telles revendications y furent formulées, puisque aucune femme ne participait aux négociations.

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Pourtant mai 68 marque une réelle rupture, le début d’une profonde transformation du rôle et de la place des femmes dans notre société. Désormais, décidées à se faire respecter, les femmes organisent, les féministes se renforcent. La libération sexuelle était en marche. En 1974, l’IVG est légalisée et la contraception remboursée par la Sécurité sociale. Là est la première empreinte, elle ne fut pas la seule. En 1970 la mère devient l’égale du père en matière d’autorité parentale, en 1975 les règles du divorce sont libéralisées…

(Sources VIE NOUVELLE magazine UCR CGT – article d’Elyane Bressol)

26/06/2008

CETTE ANNEE LA !!!

1968      -   Une année charnière entre un avant et un après. L’essoufflement des années de croissance d’après-guerre. Les premiers signes d’angoisse et d’inquiétude d’une crise durable. Une année qui ne se limite pas à son joli mois de mai.

Cette année là, des enfants des écoles partent pour la première fois en classe de neige. Une neige trois  fois en or pour Jean-Claude Killy. De l’autre côté de l’océan, à Memphis, on assassine Martin Luther King. Au nom de l’idéal américain et de la lutte contre le communisme, encore, les B52 US pilonnent le nord du Viêt-Nam. Les JO de Mexico, endeuillés par la mort de dizaines d’étudiants, victimes d’affrontements avec la police, tressent néanmoins des lauriers à Colette Besson sur les 400 mètres et à Bob Beamon pour un  long, très long saut de 8,90 mètres. Le poing levé de Tommie Smith sur le podium du 200 mètres prolonge une vie de misère et un immense sentiment d’injustice  du peuple noir.

Cette année-là, on licencie cent journalistes de l’ORTF. La France bat le pays de Galles et réalise son premier grand Chelem dans le tournoi des nations. L’Iran enterre les dix mille victimes d’un terrible séisme. L’armée soviétique  intervient en Tchécoslovaquie. Un autre tremblement de terre.

Cette année-là Concorde fait ses premiers essais. Les Parisiens découvrent le ticket unique métro/bus et la génération « métro-boulot-dodo ». Une tragédie se noue au Biafra.

Cette année-là, un fameux sabot dit de « Denver » immobilise les automobiles mal garées. Yves Montand chante « à bicyclette ». Un autre univers. Un autre imaginaire. Une mélodie entraînante. Fredonnée par une génération qui, avec Paulette, se sentait pousser des ailes. Qui oserait. Qui sait demain ? Peut-être ? A bicyclette. Jacques Anquetil court sous les couleurs de Saint-Raphaël et le Hollandais Jan Janssens réalise un hold-up sur le Tour de France. Un tour pourtant promis à un Raymond Poulidor meurtri dans sa chair et dans son esprit par une terrible chute à Albi. Une autre version de la bicyclette…

Cette année-là, le cosmonaute Youri Gagarine part rejoindre les étoiles. Pour toujours. Les astronautes américains à bord d’Apollo VIII tournent déjà autour de la lune, qu’ils iront bientôt décrocher.

Cette année-là, en France, une autre fusée est mise à feu. A trois étages : la crise étudiante, la crise sociale, la crise politique. Les étudiants érigent des barricades. De Gaulle vilipende la chienlit, des millions de grévistes lui répondent. La gauche est divisée. Le général réapparaît. Des élections, sort une chambre bleu horizon. Déjà ! la France est en ébullition. Elle cherche à se débarrasser d’un ordre politique figé.

Cette année-là, un printemps s’est levé. Aux couleurs d’incendie. Un incendie dont les flammes et les cendres ne sont jamais retombées. Depuis, des millions d’hommes, comme une quête incessante, veulent eux aussi aller décrocher la lune. Un jour ! « Un jour futur » comme le chantait alors l’ami Jean Ferrat.

ET SI ENFIN UN JOUR, LE POETE AVAIT RAISON ?

 

(source magazine VIE NOUVELLE – UCR CGT - article de Michel Scheidt)

24/06/2008

MAI 1968 – UN BILAN EXCEPTIONNEL

Les neuf millions de grévistes ont conquis pour tous les travailleurs de France, de nombreux  d’avantages.

Le 24 Mai 1968, après 8 jours de grève avec occupations, le gouvernement POMPIDOU convoqua, rue de Grenelle, une réunion tripartite qui, après 29 heures de discussions, n’aboutit à aucun accord mais à un procès-verbal. Ce PV comportait beaucoup de points positifs, mais c’était encore insuffisant. La CGT appela les Travailleurs à poursuivre la grève, dans chaque entreprise jusqu’à l’obtention de nouvelles concessions du patronat. Des discussions furent engagées dans des milliers d’entreprises en grève. Fin Juin 1968, 94 accords de branche étaient conclus.

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Le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) qui accusait un très gros retard sur le coût de la vie, fut augmenté le 1er juin 1968 de 35% à Paris et de 37% en province. Le SMGA, salaire minimum très faible des ouvriers agricoles, fut supprimé, ce qui aboutit pour eux à une augmentation de 56,2 à 59,4%. Dans l’ensemble pour les travailleurs les plus mal payés, les salaires augmentèrent de 20 à 30%. Pour certains jeunes, le cumul de l’augmentation du SMIG, de la suppression des abattements d’âge qui affectaient les minima conventionnels et de certains reclassements abouti à doubler les salaires.

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La CGT réclamait depuis longtemps l’échelle mobile des salaires. Malgré l’interdiction légale depuis 1958, qui subsiste aujourd’hui, le nombre des bénéficiaires de divers système d’indexation des salaires à triplé en quelques jours et n’a cessé de grandir par la suite. A l’augmentation des salaires proprement dite, se sont ajoutés plus de 60 avantages divers : classifications, titularisations, mensualisations, inclusions de primes dans le salaire, octroi de nouvelles primes et indemnisations, augmentation des primes existantes, réduction ou suppression des abattements d’âge et de zone, clauses de garantie de ressources, abolition des primes anti-grèves, etc …

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Avant 1968, il y avait trop d’heures supplémentaires et le retour aux 40 heures était réclamé dans toutes les luttes. En 1967, dans la quasi-totalité des branches, un début de réduction de travail sans diminution de salaire a été obtenu. A cela s’ajoute l’obtention des congés supplémentaires, de nouveaux jours fériés payés, des mesures de préretraite etc…. Pour les femmes et les jeunes, des avantages ont été obtenus dans le domaine de l’égalité des salaires ou de la promotion, de la protection de la maternité, de la formation professionnelle etc… Une cinquième semaine de congés payés fut acquise pour les jeunes dans une dizaine de branches.

En 1965, M Villiers, président du CNPF déclarait : « nous n’admettrons jamais la pénétration de l’action syndicale dans l’entreprise. Il faudrait qu’elle nous soit imposée de force …. » Les grévistes de 1968 ont eu cette force. Une annexe du protocole de Grenelle accordait d’un seul coup la liberté de constitution des sections syndicales d’entreprise, la protection des délégués syndicaux, un crédit d’heures de fonction, un local syndical dans l’entreprise, une réunion mensuelle dans l’entreprise, al libre diffusion de la presse syndicale, la liberté de l’affichage syndical, le libre collectage des cotisations. Un grand nombre de travailleurs ont obtenu le paiement total ou partiel des jours de grève. Le renforcement des syndicats fut considérable .

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Première réunion syndicale tenue sur le temps de travail
et rémunérée comme telle à Rhône-Poulenc Vitry

 Les retombées du mouvement de mai-juin 1968 furent multiples : relevé de conclusions du 2 juin 1968 dans la Fonction publique et les services publics – Loi du 27 décembre 1968 sur le droit syndical – Loire du 31 décembre 1968 sur la formation professionnelle – accord national interprofessionnel du 10 février 1969 sur la garantie de l’emploi etc….

EN 1968 LES TRAVAILLEURS ONT FAIT FAIRE EN QUELQUES JOURS

UN BOND EN AVANT CONSIDERABLE AU DROIT SOCIAL FRANÇAIS.

(source magazine VIE NOUVELLE – UCR CGT - Article de Maurice Cohen) 

Quand Nicolas Sarkozy prétend « tourner la page de Mai 68 une bonne fois pour toute » il ne faut pas s’y tromper : C’est la page des acquis sociaux et de la France qui se bat qu’il veut tourner. C’est la page du Front Populaire, du Conseil National de la Résistance, de la Sécurité sociale et des retraites par répartition… C’est la page d’une société plus égalitaire et plus juste qu’il veut tourner, mais certainement pas celle de l’individualisme et de l’argent roi au service desquels il met en œuvre sa politique. Résumer mai 1968 à une caricature d’un mouvement de jeunes pour qui « il est interdit d’interdire » n’est au fond, qu’un moyen de préparer le terrain aux remises en cause des acquis sociaux obtenus à la suite de combats collectifs……

 

 
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