jeudi, 03 juillet 2008

ETRE UNE FEMME EN MAI 1968.....

C’était au temps des épouses qui devaient suivre leur mari, des pères chefs  de famille, du « papa lit et maman coud » ». C’était au temps où les épouses venaient juste d’avoir le droit de travailler sans l’autorisation de leur mari, au temps des « jeunes » filles, au temps où les filles étaient couturière ou dactylo. C’était au temps du « travaille et tais-toi ». En un mot, les idées rétrogrades et infériorisantes reléguaient les femmes dans un rôle de sœur, mère, d’épouse où aucune d’elles n’avaient le droit de disposer de son corps.

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Et, Mai 1968 est venu tout chambouler. Bien sur, nos aînées féministes avaient déjà mené des combats libérateurs et engrangé quelques conquêtes remarquables (Ecoles primaires pour les filles en  1850 – protection des femmes au travail en 1874 – autorisation d’ouvrir un livret de Caisse d’épargne en 1881 – congés de maternité sans traitement en 1909 – accès à l’enseignement secondaire en 1924 – droit de vote en 1944 – accès à la contraception en 1967). Mais l'histoire nous apprend qu’en matière d’émancipation féminine rien n’est irréversible. Il suffit d’une vigilance qui se relâche et c’est reparti : les femmes sont les première à trinquer, elles doivent « rentrer à la maison ».

Mai 1968 n’a pas éclaté dans un ciel serein. Des féministes il y en avait déjà. Des salariées qui luttaient pour l’égalité des salaires, les semaines moins longue, la baisse des cadences et quelques fois le respect de la dignité il y en avaient aussi, comme des mères qui réclamaient un congé de maternité rémunéré. Pourtant quand la grève gagne les grands magasins, la Sécurité sociale, les chèques postaux, les centraux téléphoniques, les entreprises du textile, on comprend tout de suite qu’un vent nouveau se met à souffler. Il y a des milliers de cas où les femmes ont conduit et organisé leur grève tant il était essentiel pour elles d’exister, de décider, de mettre en cause une immense autorité aux multiples facettes.

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L’apport de mai 1968 à l’émancipation des travailleuses ne se décèle pas dans le contenu du relevé de conclusions de Grenelle où il n’y a aucune mesure spécifique. Il n’est d’ailleurs pas certain que de telles revendications y furent formulées, puisque aucune femme ne participait aux négociations.

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Pourtant mai 68 marque une réelle rupture, le début d’une profonde transformation du rôle et de la place des femmes dans notre société. Désormais, décidées à se faire respecter, les femmes organisent, les féministes se renforcent. La libération sexuelle était en marche. En 1974, l’IVG est légalisée et la contraception remboursée par la Sécurité sociale. Là est la première empreinte, elle ne fut pas la seule. En 1970 la mère devient l’égale du père en matière d’autorité parentale, en 1975 les règles du divorce sont libéralisées…

(Sources VIE NOUVELLE magazine UCR CGT – article d’Elyane Bressol)

jeudi, 26 juin 2008

CETTE ANNEE LA !!!

1968      -   Une année charnière entre un avant et un après. L’essoufflement des années de croissance d’après-guerre. Les premiers signes d’angoisse et d’inquiétude d’une crise durable. Une année qui ne se limite pas à son joli mois de mai.

Cette année là, des enfants des écoles partent pour la première fois en classe de neige. Une neige trois  fois en or pour Jean-Claude Killy. De l’autre côté de l’océan, à Memphis, on assassine Martin Luther King. Au nom de l’idéal américain et de la lutte contre le communisme, encore, les B52 US pilonnent le nord du Viêt-Nam. Les JO de Mexico, endeuillés par la mort de dizaines d’étudiants, victimes d’affrontements avec la police, tressent néanmoins des lauriers à Colette Besson sur les 400 mètres et à Bob Beamon pour un  long, très long saut de 8,90 mètres. Le poing levé de Tommie Smith sur le podium du 200 mètres prolonge une vie de misère et un immense sentiment d’injustice  du peuple noir.

Cette année-là, on licencie cent journalistes de l’ORTF. La France bat le pays de Galles et réalise son premier grand Chelem dans le tournoi des nations. L’Iran enterre les dix mille victimes d’un terrible séisme. L’armée soviétique  intervient en Tchécoslovaquie. Un autre tremblement de terre.

Cette année-là Concorde fait ses premiers essais. Les Parisiens découvrent le ticket unique métro/bus et la génération « métro-boulot-dodo ». Une tragédie se noue au Biafra.

Cette année-là, un fameux sabot dit de « Denver » immobilise les automobiles mal garées. Yves Montand chante « à bicyclette ». Un autre univers. Un autre imaginaire. Une mélodie entraînante. Fredonnée par une génération qui, avec Paulette, se sentait pousser des ailes. Qui oserait. Qui sait demain ? Peut-être ? A bicyclette. Jacques Anquetil court sous les couleurs de Saint-Raphaël et le Hollandais Jan Janssens réalise un hold-up sur le Tour de France. Un tour pourtant promis à un Raymond Poulidor meurtri dans sa chair et dans son esprit par une terrible chute à Albi. Une autre version de la bicyclette…

Cette année-là, le cosmonaute Youri Gagarine part rejoindre les étoiles. Pour toujours. Les astronautes américains à bord d’Apollo VIII tournent déjà autour de la lune, qu’ils iront bientôt décrocher.

Cette année-là, en France, une autre fusée est mise à feu. A trois étages : la crise étudiante, la crise sociale, la crise politique. Les étudiants érigent des barricades. De Gaulle vilipende la chienlit, des millions de grévistes lui répondent. La gauche est divisée. Le général réapparaît. Des élections, sort une chambre bleu horizon. Déjà ! la France est en ébullition. Elle cherche à se débarrasser d’un ordre politique figé.

Cette année-là, un printemps s’est levé. Aux couleurs d’incendie. Un incendie dont les flammes et les cendres ne sont jamais retombées. Depuis, des millions d’hommes, comme une quête incessante, veulent eux aussi aller décrocher la lune. Un jour ! « Un jour futur » comme le chantait alors l’ami Jean Ferrat.

ET SI ENFIN UN JOUR, LE POETE AVAIT RAISON ?

 

(source magazine VIE NOUVELLE – UCR CGT - article de Michel Scheidt)

mardi, 24 juin 2008

MAI 1968 – UN BILAN EXCEPTIONNEL

Les neuf millions de grévistes ont conquis pour tous les travailleurs de France, de nombreux  d’avantages.

Le 24 Mai 1968, après 8 jours de grève avec occupations, le gouvernement POMPIDOU convoqua, rue de Grenelle, une réunion tripartite qui, après 29 heures de discussions, n’aboutit à aucun accord mais à un procès-verbal. Ce PV comportait beaucoup de points positifs, mais c’était encore insuffisant. La CGT appela les Travailleurs à poursuivre la grève, dans chaque entreprise jusqu’à l’obtention de nouvelles concessions du patronat. Des discussions furent engagées dans des milliers d’entreprises en grève. Fin Juin 1968, 94 accords de branche étaient conclus.

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Le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) qui accusait un très gros retard sur le coût de la vie, fut augmenté le 1er juin 1968 de 35% à Paris et de 37% en province. Le SMGA, salaire minimum très faible des ouvriers agricoles, fut supprimé, ce qui aboutit pour eux à une augmentation de 56,2 à 59,4%. Dans l’ensemble pour les travailleurs les plus mal payés, les salaires augmentèrent de 20 à 30%. Pour certains jeunes, le cumul de l’augmentation du SMIG, de la suppression des abattements d’âge qui affectaient les minima conventionnels et de certains reclassements abouti à doubler les salaires.

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La CGT réclamait depuis longtemps l’échelle mobile des salaires. Malgré l’interdiction légale depuis 1958, qui subsiste aujourd’hui, le nombre des bénéficiaires de divers système d’indexation des salaires à triplé en quelques jours et n’a cessé de grandir par la suite. A l’augmentation des salaires proprement dite, se sont ajoutés plus de 60 avantages divers : classifications, titularisations, mensualisations, inclusions de primes dans le salaire, octroi de nouvelles primes et indemnisations, augmentation des primes existantes, réduction ou suppression des abattements d’âge et de zone, clauses de garantie de ressources, abolition des primes anti-grèves, etc …

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Avant 1968, il y avait trop d’heures supplémentaires et le retour aux 40 heures était réclamé dans toutes les luttes. En 1967, dans la quasi-totalité des branches, un début de réduction de travail sans diminution de salaire a été obtenu. A cela s’ajoute l’obtention des congés supplémentaires, de nouveaux jours fériés payés, des mesures de préretraite etc…. Pour les femmes et les jeunes, des avantages ont été obtenus dans le domaine de l’égalité des salaires ou de la promotion, de la protection de la maternité, de la formation professionnelle etc… Une cinquième semaine de congés payés fut acquise pour les jeunes dans une dizaine de branches.

En 1965, M Villiers, président du CNPF déclarait : « nous n’admettrons jamais la pénétration de l’action syndicale dans l’entreprise. Il faudrait qu’elle nous soit imposée de force …. » Les grévistes de 1968 ont eu cette force. Une annexe du protocole de Grenelle accordait d’un seul coup la liberté de constitution des sections syndicales d’entreprise, la protection des délégués syndicaux, un crédit d’heures de fonction, un local syndical dans l’entreprise, une réunion mensuelle dans l’entreprise, al libre diffusion de la presse syndicale, la liberté de l’affichage syndical, le libre collectage des cotisations. Un grand nombre de travailleurs ont obtenu le paiement total ou partiel des jours de grève. Le renforcement des syndicats fut considérable .

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Première réunion syndicale tenue sur le temps de travail
et rémunérée comme telle à Rhône-Poulenc Vitry

 Les retombées du mouvement de mai-juin 1968 furent multiples : relevé de conclusions du 2 juin 1968 dans la Fonction publique et les services publics – Loi du 27 décembre 1968 sur le droit syndical – Loire du 31 décembre 1968 sur la formation professionnelle – accord national interprofessionnel du 10 février 1969 sur la garantie de l’emploi etc….

EN 1968 LES TRAVAILLEURS ONT FAIT FAIRE EN QUELQUES JOURS

UN BOND EN AVANT CONSIDERABLE AU DROIT SOCIAL FRANÇAIS.

(source magazine VIE NOUVELLE – UCR CGT - Article de Maurice Cohen) 

Quand Nicolas Sarkozy prétend « tourner la page de Mai 68 une bonne fois pour toute » il ne faut pas s’y tromper : C’est la page des acquis sociaux et de la France qui se bat qu’il veut tourner. C’est la page du Front Populaire, du Conseil National de la Résistance, de la Sécurité sociale et des retraites par répartition… C’est la page d’une société plus égalitaire et plus juste qu’il veut tourner, mais certainement pas celle de l’individualisme et de l’argent roi au service desquels il met en œuvre sa politique. Résumer mai 1968 à une caricature d’un mouvement de jeunes pour qui « il est interdit d’interdire » n’est au fond, qu’un moyen de préparer le terrain aux remises en cause des acquis sociaux obtenus à la suite de combats collectifs……

 

jeudi, 19 juin 2008

JUIN 1968 - C'EST LA REPRISE.....

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17 - 18 JUIN 

Comme tous les lundis depuis le début de la grève, 25 000 salariés sont rassemblés  à Billancourt. Aimé Halbeher, secrétaire du Syndicat CGT, fait état du résultat des négociations, qu’il juge positives. La reprise du travail est votée. Le 18 juin au matin, 15 000 travailleurs rentrent en cortège dans les ateliers de l’Ile Seguin. Des résultats analogues sont enregistrés dans les autres usines du groupe Renault.

19 JUIN

Les « Lions » de Peugeot et les travailleurs de Berliet reprennent le travail après 35 jours de grève.

21 JUIN

La Saviem rentre à son tour, puis Citroën qui a lâché 12 à 14% d’augmentation et reconnu la liberté syndicale dans l’entreprise.

26 JUIN

Les dernières poches de conflit se résorbent peu à peu : Usinor-Dunkerque, Caterpilar à Grenoble, Paris-Rhône reprennent le travail. Le 27 Juin ce sera au tour de l’ORTF où la grève ne se terminera réellement que le 12 Juillet.

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à la SONOFRAM à Bonneuil sur Marne
après 46 jours de grève - reprise le 27 Juin
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Une forêt de bras levés

pour acclamer les succès remportés

à SUD AVIATION à Marignane

mardi, 17 juin 2008

JUIN 1968 – SOLIDARITE – FRATERNITE – LA LUTTE N’EST PAS TERMINEE

8 JUIN 

La solidarité se développe autour des usines encore en grève et en particulier autour des métallos. Un peu partout, les patrons de la métallurgie organisent des « consultations » des salariés pour tenter de casser le mouvement de grève. Les heurts se succèdent autour de l’usine de Flins, occupée par la police et cible de certains groupes d’étudiants qui y organisent marches et manifestations.

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10 JUIN

 Nouvelle manifestation à Flins. Un jeune lycéen Gilles Tautin meurt noyé. L’annonce de ce tragique évènement met en effervescence le Quartier Latin.  Une manifestation d’étudiants se heurtent aux CRS. On compte une centaine de blessés.

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11 JUIN 

 Chargée de « nettoyer » les usines Peugeot, la police intervient violemment à Montbéliard. Deux ouvriers tombent : Jean Beylot 24 ans, tué par balles et Henri Blanchet 49 ans, frappé par une grenade offensive, succombera le 13 Juin. La CGT appelle à un arrêt national de travail pour le lendemain 5 heures.

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12 JUIN

 L’ampleur de la protestation fait reculer le pouvoir qui retire la police des usines Peugeot à Sochaux et Renault à Flins. Les négociations sont relancées dans la métallurgie.  

14-16 JUIN 

Peu à peu le gouvernement fait régner l’ordre au Quartier Latin : l’Odéon et la Sorbonne sont évacués par la police. Le mai étudiant s’achève.

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lundi, 16 juin 2008

JUIN 1968 – LA LUTTE CONTINUE

1er JUIN

Les négociations se poursuivent dans les branches. Dans certaines, des accords importants  sont signés et la consultation des grévistes est en cours. C’est le cas notamment à EDF-GDF, dans les arsenaux, le pétrole, le papier-carton, l’agriculture, le textile, l’habillement, le verre, la chaussure, les transports routiers. Dans d’autres les discussions sont difficiles et rien n’est encore acquis, comme dans la métallurgie, le caoutchouc, le bâtiment, la Fonction publique ou encore la SNCF et à la RATP.

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3 JUIN

Intervention de la police à l’ORTF avec l’aide de non grévistes. L’intersyndicale déclare « qu’elle ne cautionne pas le journal télévisé de 20 heures » repris en main par le pouvoir. Les négociations sont toujours bloquées dans la métallurgie et les services. En soirée des discussions s’engagent dans la métallurgie parisienne.

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4 JUIN

Les négociations se poursuivent tous azimuts et, peu à peu, des accords importants sont imposés au gouvernement et au patronat. Dans toutes les branches et secteurs où des accords sont signés, les grévistes sont consultés sur leur contenu. Un mouvement de reprise du travail se dessine.

5-6 JUIN

Après accord et consultation des salariés en grève, le travail reprend à EDF-GDF, dans les mines, la sidérurgie, les arsenaux, à la SNCF, dans certains secteurs de la Fonction publique, à la Sécurité sociale, dans les transports urbains et les banques.

7 JUIN

Les négociations sont toujours âpres dans la métallurgie. La police intervient à l’Usine Renault de Flins où des bagarres éclatent. Dans les PTT où un accord a été signé, le travail reprend. Le général de Gaulle est interviewé par Michel Droit à la télévision, alors que la majorité des personnels de l’ORTF poursuivent la grève.

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mardi, 10 juin 2008

MAI 68 - L'HEURE DES NEGOCIATIONS ....

24 MAI

Les grévistes manifestent à Paris et dans de nombreuses villes de province. Dans certaines régions, comme à Limoges et Mont de Marsan, ouvriers et paysans tiennent un meeting commun et manifestent ensemble. A 20 heures, le général de Gaulle s’adresse aux Français par radios et télévision interposées. Il annonce l’organisation d’un référendum pour le mois de juin. Le Premier Ministre propose, par communiqué, d’engager des négociations sociales dès le lendemain. A Paris une manifestation d’étudiants débouche sur une nouvelle nuit des barricades au Quartier  latin.

25 MAI

15 Heures : les premières négociations s’ouvrent au ministère des Affaires sociales, rue de Grenelle. Face à face, la délégation gouvernementale conduite par le Premier ministre. Le CNPF  et trois délégués des PME ,

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six organisations syndicales (CGT, CFDT, FO, CGC , CFTC, FEN).
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 Dans la soirée, le patronat lâche sur le SMIG : salaire horaire porté à 3 Frs, soit une augmentation de 35%. Sur l’ensemble des salaires et les autres points en négociation, les discussions sont beaucoup plus ardues. En ce qui concerne le secteur public et nationalisé, des commissions paritaires sont mises en place, pour négocier sous l’égide des ministères de tutelle.

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26 MAI

Interrompues au petit matin, après 4 heures, les négociations reprennent à 16H30. D’entrée, Georges Séguy, au nom de la CGT lit une résolution adoptée par la commission administrative de la Confédération. La discussion se fait âpre et les suspensions de séance se succèdent. Le Gouvernement joue une rupture du front syndical.

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27 MAI

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Les négociations ont duré toute la nuit. A 8 heures, un procès verbal sanctionnant les discussions qui ont duré près de vingt heures, est rédigé. Il comporte des acquis importants, mais reste vague sur de nombreuses revendications : le SMIG horaire est porté à 3 Frs – les salaires sont augmentés de 10 %, les jours de grève indemnisés à 50% - le ticket modérateur de la Sécurité Sociale réduit de 5% - la section syndicale d’entreprise est instaurée. Pas d’engagements concrets sur la réduction du temps de travail, les ordonnances de la Sécurité sociale, l’emploi et la formation professionnelle. Le « constat de Grenelle » va être présenté aux grévistes et d’abord à ceux de Renault Billancourt rassemblés en meeting dans le grand hall de l’Ile Seguin. Leur décision est nette : la grève continue. Les négociations se poursuivent dans le secteur public. Dans la soirée une manifestation organisée par l’UNEF se déroule au stade Charléty à Paris. Y participent entre autres : la CFDT, le PSU, la FGDS (Fédération de la gauche démocrate et socialiste), des personnalités politiques, comme Pierre Mendès-France et François Mitterrand.

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28 MAI

La poursuite de la grève se confirme dans tout le pays. La CGT propose une rencontre aux autres organisations Syndicales. Face à leur refus, elle appelle les grévistes à manifester le 29 Mai dans tout le pays.

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 29 MAI

A l’appel de la CGT, une soixantaine de manifestations se déroulent à Paris et dans toutes les grandes villes du pays. Des négociations s’ouvrent dans les branches professionnelles. La CFDT fait appel à   Pierre Mendès-France. De Gaulle reçoit le général de Boissieu à  à l’Elysée et se rend à Baden-Baden où il rencontre le général Massu. Des rumeurs de mouvements de chars circulent dans Paris.

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30 MAI

Les négociations sont toujours au point mort dans le secteur public et piétinent dans les tranches professionnelles. A 16H30 le général de Gaulle intervient à la radio et annonce la dissolution de l’Assemblée Nationale et des élections générales  pour le mois de juin. Dans la soirée, à l’appel des comités de défense de la République (CDR) créés quelques jours plus tôt, une manifestation nationale de soutien au Général de Gaulle se déroule sur les Champs Elysée, noirs de monde. D’importantes manifestations unitaires se déroulent en province. Les contacts de multiplient entre les forces de gauche, politiques et syndicales.

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31 MAI

Le Président de la république et le Premier ministre présentent le nouveau gouvernement : neuf ministres sont remerciés et des portefeuilles échangés. Les grévistes sont toujours entre 8 et 9 millions. Le mouvement étudiant commence à refluer.

(sources "un mois de mai très occupés" et "VO éditions le Temps des Cerises")

 

mardi, 27 mai 2008

MAI 68 LA DEFERLANTE DES GREVES ....

16 MAI

Les décisions de grève avec occupations se multiplient dans les usines. Dès 8 heures chez Lookheed à Beauvais et Unélec à Orléans, à14 heures chez Renault à Flins, à 16 heures à l’usine Renault du Mans et en soirée dans celle de Sandouville. Dans la matinée des ouvriers de mécanique, de la fonderie et des forges débrayent à Renault Billancourt.

 

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Puis deux départements arrêtent les machines et parcourent les ateliers en manifestant. Le soir l’usine est occupée, tandis qu’à Badan petite gare de triage près de Lyon, des cheminots débrayent.

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Partout des revendications qui se rassemblent : le Smig à 1000 F, la réduction de la durée du travail, les libertés syndicales. Georges Pompidou fait une allocution à la télévision.

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17 MAI

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Les grèves s’étendent comme un véritable raz de marée. Les cheminots de Montparnasse et Vaugirard s’arrêtent. Le trafic banlieue est déjà à moitié paralysé. Sur l’ensemble du réseau la grève court de dépôt en dépôt. Dans les PTT les mouvements démarrent dans les Centre de Tri et aux chèques postaux.

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Tout au long de la journée, la liste des usines occupées ne cesse de s’allonger : les chantiers navals du Trait près de Rouen, Rhodiaceta, les Forges du Creusot, Nord Aviation, Hispano Suiza Babcok, Berliet, Rhône poulenc. A 17 heures on dénombre 300 000 grévistes. A 22 heures 600 000.

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Dans la soirée les personnels de l’ORTF adoptent le principe de la grève générale.

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18 MAI

D’heure en heure  les décisions de grève s’étendent  aux différents secteurs du service public. Le général de Gaulle rentre de son voyage officiel en Roumanie

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19 MAI

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 Les Banques, les Assurances, la Sécurité sociale, les hôpitaux, les mines prennent à leur tour le train de la grève.

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20 MAI

Des centaines de grandes entreprises sont occupées : Peugeot, Citroën, Alsthom, Michelin, les usines Kléber Colombes dont le patron est Huvelin, le président du CNPF. Les enseignants du second degré décident d’arrêter les cours. On dénombre entre 5 et 6 millions de grévistes.

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21 MAI

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La grève  touche l’ensemble de l’Education nationale. Les employés rejoignent massivement le mouvement : les trois quarts des 120 000 salariés des grands magasins et supermarché sont  en grève.

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 A Paris les jeunes médecins et architectes occupent les bureaux de leur ordre tandis que les écrivains envahissent la Société des gens de lettres.Tous les secteurs sont touchés : les laboratoires, le commissariat à l’énergie atomique, les ports, les douanes, les mairies et même les préfectures.

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Plus un train, plus un autobus, plus un métro ne circule. Les trois quarts des stations service sont à sec. La marche à pied devient le sport le plus pratiqué.

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22 MAI

A l’Assemblée Nationale, la motion de censure présentée par l’opposition est rejetée. Il lui manque 11 voix. La CGT et la CFDT rendent publique une déclaration commune. Elles réclament l’abrogation immédiate des ordonances sur la Sécurité sociale et l’ouverture de négociations sur les salaires, le passage du SMIG à 600 F par mois, la garantie de l’emploi et des ressources, la réduction de la durée de travail sans perte de salaire, l’extension des droits syndicaux dans l’entreprise.

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23 MAI

Le mouvement social atteint son point culminant : 9 millions de salariés sont en grève. Les chiffres cités par les centrales syndicales sont impressionnants : 2 millions de grévistes dans la métallurgie, 1 million dans le bâtiment, 350 000 à la SNCF, 300 000 dans le textile, 250 000 dans les PTT, 110 000 à EDF-GDF, 100 000 dans l’habillement, 300 000 dans la chimie, 200 000 dans le sous-sol. La grève s’installe dans les entreprises, les administrations, les magasins et sur le pavé de la rue.

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vendredi, 16 mai 2008

D’AUTRES JOURS DE MAI…..68

8 MAI

A l’appel de la CGT et de la    CFDT le Grand Ouest bouge en masse : dans neuf départements, la plupart des entreprises sont en grève de 24 heures. Des manifestations massives (30 000 personnes à Brest, 20 000 à Quimper, 10 000 à Rennes) réclament la sécurité de l’emploi, des salaires décents, une autre politique économique et sociale.

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A Paris, 20 000 étudiants se rassemblent à la Faculté des Sciences, des cortèges de Lycéens manifestent jusqu’à l’Odéon. L’UNEF  appelle à la solidarité des Centrales syndicales.

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9 MAI

9 heures    : rencontre CGT-CFDT

18 heures : des délégations des deux bureaux confédéraux, conduites par Georges Séguy et Eugène Deschamps sont reçues par l’UNEF en vue de déterminer les conditions d’une action commune.

 

10 MAI

La CGT, la CFDT, la FEN, le SNE-Sup et l’UNEF décident d’organiser le 14 mai, des manifestations communes dans toutes les grandes villes du pays, pour l’amnistie de tous les manifestants condamnés, les libertés syndicales et politiques. En fin  de journée, 50 000 étudiants et lycéens manifestent dans le calme à  Denfert-Rochereau. Des cortèges se dirigent vers le quartier latin et y dressent des barricades. Christian Foucher, Ministre de l’Intérieur donne l’ordre de « nettoyer » la rue Gay-Lussac. Les forces de l’ordre s’exécutent  avec une violence inouïe. Les blessés se comptent par centaines. On dénombre plus de 5 000 arrestations.

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C’est « la nuit des barricades ».

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Paris s’éveille au matin du samedi 11 mai avec la gueule de bois : voitures incendiées, rue dépavées, vitrines brisées. Les syndicats ouvriers dénoncent les brutalités policières et appellent à manifester aux côtés des étudiants.

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A ORLEANS

Pierre Messmer, le ministre des Armées a présidé les fêtes johanniques… sous, la pluie. Mais dans le calme. Aucun incident n’est venu troubler le défilé du cortège officiel. Les Orléanais applaudissent Marie-Christine Chantegrelet, la Jeanne 68, le défilé des provinces et la parade militaire.

Et pourtant, soutenus par la CGT et la CFDT, les étudiants orléanais organisent une nouvelle manifestation en ville, le vendredi 10 mai à 19 H 30. Sur les banderoles et dans les discours on réclame « la fin de la répression policière », « la réouverture des facultés », « la levée de toutes les sanctions disciplinaires ».

Malgré l’agitation quasi-générale et les violences parisiennes la vie continue : La Maire inaugure le 10 mai  le stade de la Vallée à Orléans, la quinzaine commerciale s’achève à Montargis et Sceaux du Gâtinais s’apprête à vivre sa cavalcade….

 

11 MAI

9 heures : réunion à la Bourse du travail de Paris. Sont présents : la CGT à l’initiative de la rencontre, la CFDT, la FEN, l’UNEF et le SNE-Sup. une grève générale est décidée pour le lundi 13 Mai, avec appel à manifester dans toute la France.

Dans l’après-midi, FO rejoint le mouvement.

22 Heures 30 : Le Premier Ministre, Georges Pompidou, rentré en urgence d’un voyage officiel en Afghanistan, prononce une allocution. Il accepte les préalables des étudiants : réouverture de la Sorbonne, libération des manifestants emprisonnés.

 

 IL EST TROP TARD …..

 

12 MAI

Pendant tout le week end, des millions de tracts sont distribués dans la France entière. La CGT diffuse un  numéro spécial de « La Vie Ouvrière » à des centaines de milliers d’exemplaires. Douze étudiants incarcérés sont libérés.

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13 MAI

Pour le dixième anniversaire de la Ve République, une manifestation historique déboule sur le pavé parisien ! Combien sont-ils ? 200 000 comme l’affirme la police ou un million selon les organisateurs ? De la République à Denfert-rochereau, sept kilomètres de cortège s’écoulent dans le calme !
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En province, les foules sont toutes aussi impressionnantes : 60 000 à Lyon, 50 000 à Toulouse, Marseille, Bordeaux, 25 000 à Nantes, Grenoble ou Nancy.

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Dans l’ensemble la grève est largement suivie. Forte dans le secteur public (transports parisiens, SNCF, EDF, PTT, banques et assurances).

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Contrastée dans l’industrie selon les branches et les régions.

 

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14 MAI

Au petit matin, le Général de Gaulle quitte paris pour un voyage officiel prévu de longue date en Roumanie.

A Woippy  En Lorraine, les 500 ouvriers de l’usine Class décident de continuer la grève entamée le jour précédent. Décision identique à Toulouse chez Duc et Méric.

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15 heures : les 2000 ouvriers de l’usine SUD AVIATION votent la grève illimitée et décident l’occupation immédiate de l’usine.

Le Directeur Pierre Duvochet est séquestré dans son bureau, les grilles d’entrée soudées, des postes de garde organisés, un comité de grève élu. Les constructeurs de la Caravelle démarrent, loin du Paris étudiant, la première occupation d’usine.

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15 MAI

Dans la banlieue de ROUEN, les ouvriers de RENAULT CLEON débrayent dans la matinée, reprennent le travail…. Puis débrayent à nouveau, cette fois définitivement : l’entreprise est occupée, le drapeau rouge flotte sur l’usine.

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Dans la soirée, l’exemple de Cléon fait tache d’huile en Normandie. : KLEBER COLOMBES  à Elbeuf et LA ROCLAINE à Saint Etienne du Rouvray s’arrêtent à leur tour.

A Paris les chauffeurs de taxis sont à nouveau en grève.

Les étudiants occupent le théâtre de l’Odéon.

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 Le bureau confédéral de la CGT lance un appel à tous les travailleurs et travailleuses de France.

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(sources - Un mois de mai très occupé (VO Edition le Temps des cerises - La République du centre (10 mai 2008) - Magazine Vie Nouvelle avril-mai 2008)

jeudi, 08 mai 2008

ON LE DISAIT .....

Sous les pavés, la plage.
 
 Mai 1968

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