mardi, 06 novembre 2007

MAIS QUI EST-IL ???

Jonathan Littell, né le 10 octobre 1967 à New York, est un écrivain franco-américain.  Son roman "Les Bienveillantes" écrit entièrement en français et signé à l'âge de 39 ans, lui vaut le prix Goncourt 2006 et le Grand prix du roman de l'Académie française 2006. C'est aussi grâce à ce roman qu'il obtient le 8 mars 2007 la nationalité française pour "contribution au rayonnement de la France" .

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Issu d'une famille polonaise et juive émigrée aux Etats-Unis à la fin du XIXe siècle, Jonathan Littell a toujours été touché par l'horreur de la guerre. Fils de l'écrivain Robert Littell, son enfance est hantée par la Seconde Guerre mondiale et l'horreur de l'holocauste ainsi que par la guerre du Vietnam. En 1985, il passe son Bac à Paris mais continue ses études à Yale où il est diplômé en art et littérature. Cependant, son engagement pour les populations atteintes par les dégâts collatéraux de la guerre l'attire plus qu'une chaire universitaire et il s'engage très vite dans une ONG, Action contre la faim. Durant sept ans, il écumera les Balkans, alors en conflit, particulièrement en Bosnie-Herzégovine, en Tchétchénie, en Afghanistan ainsi que des pays d'Afrique. Imprégné de toutes les civilisations rencontrées durant ses différents voyages, en 2001, il décide d’arrêter ses activités humanitaires et commence à s'investir à l'écriture de son premier roman, "Les Bienveillantes" vaste fresque portant sur la Seconde Guerre mondiale et le front de l'Est, à travers les mémoires imaginaires d'un officier SS cultivé du nom de Maximilien Aue. Cette vision des bourreaux de la Seconde Guerre mondiale est un nouvel aspect de l'horreur vécue, une philosophie inattendue et glaçante. A travers le regard lucide et froid de son personnage, Littell se contente d'interpréter, de comprendre le comportement des exécutants, toujours en faction aujourd'hui même s'ils sont cachés. La Shoah est unique mais les bourreaux sont intemporels.
Ce livre va aussi tourner autour du thème des Bienveillantes, et on n'y fera allusion qu'à la dernière ligne du livre par cette phrase : « Les Bienveillantes ont retrouvé ma trace », en réalité les bienveillantes font allusion aux Furies d'Euripide, personnages de l'Antiquité qui poursuivaient les criminels, et qui ont retrouvé sa trace.
 

Son précédent et unique autre ouvrage Bad Voltage, est paru en 1989 aux éditions Signet Book. Ce livre ne comporte aucune biographie de l'auteur et comporte de nombreuses références à la France et à des auteurs tels que Jean Genet et Charles Baudelaire, ainsi qu'à la ville de Paris. Il y fait d'ailleurs à plusieurs reprises référence aux carrières et catacombes de Paris, plusieurs actions s'y déroulant (il convient de préciser que Jonathan Littell fut lui-même cataphile lors de son séjour à Paris, où il fit des études). À noter qu'en 1989, Jonathan Littell n'était alors âgé que de 22 ans. Le livre en question est un essai de science-fiction se déroulant dans l'univers du cyberpunk

Il a aussi publié en 2006 un rapport long et détaillé sur les Services secrets de la Fédération de Russie entre 1991 et 2005 (The Security Organs of the Russian Federation - A Brief History 1991-2005). Il travaille actuellement sur "Le sec et l'humide" (titre provisoire), à paraître chez Gallimard. Il s'agit d'une courte biographie du learder d'extrème-droite belge Léon Degrelle, dont Littell explique s'être inspiré pour le personnage de Maximilien Aue.

vendredi, 26 octobre 2007

ESSENCES ET PARFUMS .....

Et pour terminer la promenade, flânons  dans les « senteurs de villes et les senteurs des champs » au « Crépuscule du soir mystique »  avec  Paul Verlaine 

Le souvenir avec le crépuscule

Rougeoie et tremble de l’ardent horizon

De l’Espérance en flamme qui recule

Et s’agrandit ainsi qu’une cloison

Mystérieuse où mainte floraison

- Dahlia, lys, tulipe et renoncule –

S’élance autour d’un treillis,  et circule

Parmi la maladive exhalaison

De parfums lourds et chauds, dont le poison

- Dahlias, lys, tulipe et renoncule –

Noyant mes sens, mon âme et ma raison,

Mêle dans une immense pâmoison

Le Souvenir avec le Crépuscule

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et  avec  Francis Carco

« … La fraîcheur vive du boulevard pourri d’automne. Les larges feuilles de platanes dégringolent. C’est un écoulement imprévu et bizarre dans la lumière croisée des lampes à arc. Il tombe une petite pluie menue, serrée que le vent incline parfois sur les visages. La nuit est parfumée de l’odeur des feuillages gâtés : elle sent encore l’ambre, l’œillet, la poudre, le fard et la caoutchouc des imperméables….. »

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(source photos internet)

jeudi, 25 octobre 2007

ESSENCES ET PARFUMS

La promenade  au gré des « essences et Parfums » se poursuit  dans les « arômes et les fumets »   des « sardines à l’huile » de Georges Fourest.

 

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Dans leur cercueil de fer blanc

Plein d’huile au puant relent

Marinent décapités

Les petits corps argentés

Pareil aux guillotinés

Là-bas au champ des navets !

Elles ont vu les mers

Les côtes grises de Thulé,

Sous les brumes argentées

La Mer du Nord enchantée….

Maintenant dans  le fer-blanc

Et l’huile au puant relent

De toxiques restaurants

Les servent à leurs clients !

Mais loin derrière la nue

Leur pauvre  âmette ingénue

Dit sa muette chanson

Au paradis-des-poissons,

Une mer fraîche et lunaire

Pâle comme un poitrinaire,

La Mer de Sérénité

Aux longs reflets argentés

Où durant l’éternité

Sans plus craindre jamais

Les cormorans et les filets

Après leur mort nageront

Tous les bons petits poissons ! …

Sans voix, sans mains, sans genoux

Sardines, priez pour nous ! ….

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mercredi, 24 octobre 2007

ESSENCES ET PARFUMS

Et si aujourd’hui nous allions toujours avec Anny Duperey   dans « les sillages envoûtants »….

 

Avec Alphonse Daudet  dans le « Caravansérail »

« …… je ne peux pas me rappeler sans sourire le désenchantement que j’ai eu en mettant le pied pour la première fois  dans in caravansérail d’Algérie. Ce joli mot de caravansérail, que traverse comme un éblouissement tout l’Orient féerique des Mille et une Nuits, avait dressé dans mon imagination des enfilades de galeries découpées en ogive, des cours mauresques plantées de palmiers, où la fraîcheur d’un mince filet d’eau s’égrenait en gouttes mélancoliques sur des carreaux de faïence émaillée ; tout autour , des voyageurs en babouches, étendus sur des nattes, fumaient leurs pipes à l’ombre des terrasses, et de cette halte montait sous le grand soleil des caravanes une odeur lourde de musc, de cuir brûlé, d’essence de rose et de tabac doré …

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Les mots sont toujours plus poétiques que les choses. Au lieu du caravansérail que je m’imaginais, je trouvai une ancienne auberge  de l’Ile de France, l’auberge du grand chemin, station de rouliers, relais de poste, avec sa branche de houx, son banc de pierre à côté du portail et tout un monde de cours, de hangars, de granges, d’écuries.

Ou avec José Maria de Hérédia

 BRISE  MARINE

L’hiver a défleuri la lande et le courtil.

Tout est mort. Sur la roche uniformément grise

Où la lame sans fin de l’Atlantique brise,

Le pétale fané pend  au dernier pistil.

 

Et pourtant je ne sais  quel arôme subtil

Exhalé de la mer jusqu’à moi par la brise,

D’un effluve si tiède emplit mon cœur qu’il grise :

Ce souffle étrangement parfumé, d’où vient-il ?

 

Ah ! Je le reconnais.  C’est de trois mille lieues

Qu’il vient, de l’Ouest là-bas où les Antilles bleues

Se pâment sous l’ardeur de l’astre occidental :

 

Et j’ai, de ce récif battu du flot kymrique,

Respiré dans le vent qu’embauma l’air natal

La fleur jadis éclose au  jardin s’Amérique

 

 

mardi, 23 octobre 2007

ESSENCES ET PARFUMS .....

Continuer la promenade avec Anny Duperey et partir à la recherche des  «  souffles du passé »   avec  Albert Cohen  et    « le livre de ma mère »

Ô mon passé, ma petite enfance, ô chambrette, coussins brodés de petits chats rassurants, vertueuses chromos, conforts et confitures, tisanes pâtes pectorales, arnica, papillon du gaz dans la cuisine, sirop dorgeat, antiques dentelles, odeurs, naphtalines, veilleuses de porcelaine, petites baisers du soir baisers de Maman qui me disait, après avoir bordé mon lit, que maintenant jallais faire mon petit voyage dans la lune avec mon ami un écureuil. Ô mon enfance, gelées de coings, bougies roses journaux illustrés du jeudi, ours en peluche, convalescences chéries, anniversaires, lettres du Nouvel An sur du papier à dentelures, dindes de Noël, fables de  La Fontaine idiotement récitées debout sur la table, bonbons à fleurettes, attentes des vacances, cerceaux, diabolos, petites mains sales, genoux écorchés et jarrachais la croûte toujours trop tôt, balançoires des foires, cirque Alexandre où elle me menait une fois par an et auquel je pensais des mois à lavance, cahiers neufs de la rentrée, sac décole en faux léopard, plumiers japonais, plumiers à plusieurs étages, plumes sergent-major, plumes baïonnette de Blanzy Poure, goûters de pain et de chocolat, noyaux dabricots thésaurisés, boite à herboriser, billes dagate, chansons de Maman, leçons quelle me faisait repasser le matin ; heures passées à la regarder cuisiner avec importance, enfance, petites paix, petits bonheurs, gâteaux de Maman, sourires de Maman, ô tout ce que je naurai plus, ô charmes, ô sons morts du passé, fumées enfuies et dissoutes saisons.

Les rives séloignent. Ma mort approche.

lundi, 22 octobre 2007

ESSENCES ET PARFUMS ......

Une nouvelle fois, un  petit tour dans le très beau livre d’Anny Duperey « Essences et Parfums »  du côté des "essences charnelles" avec aujourd’hui Ronsard

 

Vous êtes le bouquet de vostre bouquet même,

Et la fleur de sa fleur, sa grâce et sa verdeur,

De vostre douce haleine il a pris son odeur :

Il est comme je suis de vostre amour tout blesme

 

Ma dame voyez donc puisqu’un bouquet vous aime

Indigne de juger que peut vostre valeur

Combien doy-je sentir en l’âme de douleur,

Qui sert par jugement vostre excellence extrême ?

 

Mais ainsi qu’un bouquet se flestrit en un jour,

J’ay peur qu’un mesme jour flestrisse vostre amour.

Toute amitié de femme est soudain effacée.

 

Advienne le destin comme il pourra venir,

Il ne peut de vos yeux m’oster  le souvenir :

Il faudroit m’arracher le cœur et la pensée.

 

(amours diverses)

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mardi, 31 juillet 2007

"ESSENCES ET PARFUMS" - Anny DUPEREY

Extrait : Senteurs des Villes - Senteurs des champs.

 Il fera longtemps clair ce soir, les jours allongent

La rumeur du jour vif se disperse et s'enfuit.

Et les arbres, surpris de ne pas voir la nuit,

demeurent éveillés dans le soir blanc, et songent....

 

Les marroniers, sur l'air plein d'or et de lourdeur,

Répandent leurs parfums et semblent les étendre ;

On n'ose pas macher ni remuer l'air tendre

De peur de déranger le sommeil des odeurs.

 

De lointains roulements arrivent de la ville ...

La poussière qu'un peu de brise soulevait,

Quittant l'arbre mouvant et las qu'elle revêt

Redescend doucement sur les chemins tranquilles ;

 

Nous avons tous les jours l'habitude de voir

Cette route si simple et si souvent suivie,

Et pourtant  quelque chose est changé dans la vie ;

Nous n'aurons plus jamais notre âme de ce soir....

 

Anna de NOAILLES - Le coeur innombrable

           

lundi, 30 juillet 2007

"ESSENCES ET PARFUMS" - Anny DUPEREY

Extrait : Arômes et Fumets

"mes tantes y arrivent le samedi pour vendre du fromage, des poulets et du beurre.

Je vais les y voir, et c'est une fête à chaque fois.

c'est qu'on y entend des cris, du bruit, des rires !

Il y a des embrassades et des querelles.

Il y a des engueulades  qui rougissent les yeux, bleuissent les joues, crispent les poings, arrachent les cheveux, cassent les oeufs, renversent les éventaires, dépoitraillent les matrones, et me remplissent d'une joie pure.

Je nage dans la vie familière, grasse, plantureuse et saine.

J'aspire à plein nez des odeurs de nature : la marée, l'étable, les vergers, les bois .....

Il y a des parfums âcres et des parfums doux, qui viennent des paniers de poissons ou des paniers de fruits, qui s'échappent des tas de pommes ou des tas de fleurs, de la motte de beurre ou du pot de miel.

Et comme les habits sont bien des habits de campagne !

les vestes des hommes se redressent comme des queues d'oiseaux, les cotillons des femmes se tiennent en l'air comme s'il y avait un champignon dessous.

Des cols de chemise comme des oeillères de cheval, des pantalons à ponts, couleur de vache, avec des boutons larges comme des lunes, des chemises pelucheuses et jaunes comme des peaux de cochons, des souliers comme des troncs d'arbre...

Les parapluies énormes, en coton sang de boeuf, les longs bâtons qui ont le bout comme un oignon, les petites poules noires qui se cognent contre les cages, les coqs fiers, piaffant de leurs pattes à la hussarde....

C'st l'arche de Noé en plein vent, déballée sur un lit de fumier, de paille et de feuillage.

La fontaine claire vomit par la gueule de ses lions des nappes de fraîcheur.

Jules VALLES : l'enfant

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samedi, 28 juillet 2007

"ESSENCES ET PARFUMS" - Anny DUPEREY

Extrait : Sillages envoûtants

Le Marchand de parfums

Tu prétends que Karoûn et que Balkis ne possédaient pas des parfums plus suaves que les tiens : tu prétends que les jardins de Marib n'exhalent pas des odeurs plus pénétrantes.

Je n'ai connu ni Karoûn ni Balkis , je n'ai jamais traversé les jardins de Marib, mais je n'ai respiré que le parfum de ma bien-aimée.

A présent, ma bien-aimée boit les eaux sacrées du Kaoussar, ma bien-aimée est retournée à Dieu, et je cherche son parfum.

Je l'ai demandé au vent du sud, qui avait saccagé des oasis ; au vent du nord , qui avait caressé les fleurs blanches des montagnes ; je l'ai demandé à l'haleine du printemps.

Mais l'haleine du printemps ne charriait pas assez d'arômes, le vent du Nord n'avait pas carressé les seins de ma bien-aimée, et le vent du sud n'avait pas emmelé sa chevelure.

Marchand de parfums , ne me montre pas tes buires.

Traduit de l'arabe par Franz TOUSSAINT- le jardin des caresses

vendredi, 27 juillet 2007

"ESSENCES ET PARFUMS" - Anny Duperey

EXTRAIT - souffles du passé

Les roses d'Ispahan dans leur gaîne de mousse,

Le jasmin de Mossoul, les fleurs d'oranger

Ont un parfum moins frais, ont une odeur moins douce,

O blanche Leïlah ! que ton souffle est léger.

 

Ta lèvre est de corail, et ton rire léger

Sonne mieux que l'eau vive et d'une voix plus douce,

Mieux que le vent joyeux qui berce l'oranger,

Mieux que l'oiseau qui chante au bord du lit de mousse.

 

Mais la subtile odeur des roses dans leur mousse,

La brise qui se joue autour de l'oranger

 Et l'eau vive qui flue avec sa plainte douce

Ont un charme plus sûr que ton amour léger !

 

 O Leïlah ! depuis que de leur vol léger

Tous les baisers ont fui de ta lèvre si douce,

Il n'est plus de parfum dans le pâle oranger,

Ni de céleste arome aux roses dans leur mousse

 

L'oiseau, sur le duvet humide et sur la mousse

Ne chante plus parmi la rose et l'oranger ;

L'eau vive des jardins n'a plus de chanson douce,

 L'aube ne dore plus le ciel pur et léger.

 

Oh ! que ton jeune amour, ce papillon léger,

Revienne vers mon coeur d'une aile prompte et douce,

Et qu'il parfume encore les fleurs de l'oranger,

Les roses d'Ispahan dans leur gaine de mousse !

 

LECONTE DE LISLE  - Poèmes tragiques

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