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15/12/2008

SOUVENIRS D'ENFANCE - 3ème épisode

Me voilà donc arrivée en Belgique à deux mois et demi des vacances d'été. Il avait été entendu que je continuerais l'école et l'inscription avait été faite  dès l'annonce de mon arrivée. C'est quand même un peu anxieuse de ce changement que je pris le chemin de l'école de Montceau sur Sambre . Je connaissais quelques enfants de voisins, mais les dernières vacances étaient loin. Allaient-ils me reconnaitre... on grandit vite à cet âge... allaient-ils m'accepter au milieu de leurs copines et copains habituels ....

Me voilà donc dans la cour de l'école, prise en main et par la main par une institutrice sympa, dont je ne me souviens plus du nom et qu'il fallait appeler "madame" simplement "madame" . Je jettais un coup d'oeil  circulaire pour repérer les lieux.... le préau, les classes, les toilettes extérieures, les bacs en zinc avec des robinets pour le lavage des mains, un robinet "bêtement" planté dans un recoin d'un mur ???  et le grand portail d'entrée. A cette époque, point de bac à sable, de jeux d'enfants comme il en existe de nos jours. La récréation, c'était la corde à sauter, la marelle avec la boite à cirage ou pour ce qui me concernait un magnifique galet en verre tinté, bien plat, bien lisse , comme en possédait la plupart des filles de verrier (métier de mon père en France) qui nous emportait tout de suite au ciel pour peu que nous n'arrivions pas à maitriser notre élan. J'avais insisté pour l'emporter .... un signe de rattachement à ceux restés à REIMS et ma foi j'eu un certain succès. Ce serait à qui pourrait me l'emprunter en faisant assaut d'amabilités. On jouait aussi à la ronde, au mouchoir rouge.... les jeux d'enfants sont universels.

Dans la cour d'école cohabitaient joyeusement des petits blonds aux yeux bleus, des enfants bruns aux yeux noirs qui parlaient entre eux un langage inconnu en i en a en o... J'ai su par la suite qu'ils étaient issus de la communauté italienne, mais la plupart d'entre eux allaient à l'école catholique. "Mononcle" Armand m'avait mis au parfum en ce qui concernait "l'école des soeurs" comme il disait. Enfant il n'avait pas été très sage à l'école publique. Il  avait fallu le mettre à l'école des soeurs pour lui apprendre la discipline et c'est pour ça qu'il n'avait plus de cheveux sur la tête. Je le croyais dur comme fer et je plaignais  les gamin(e)s qui allaient perdre très vite leurs belles boucles et leurs tresses brunes .....

Le contact avais été sans complications. J'étais  une enfant très sociable, avec une facilité d'adaptation  exceptionnelle ... c'est ce qu'avait dit "Madame"  quelques jours après mon arrivée. Les jours et les semaines passaient  et  j'avais l'impression d'avoir fréquenté cette école depuis toujours. "Madame" avait  quelques soucis de discipline avec moi, mais en fin de compte ça se terminait plutôt bien.

Il était formellement interdit de boire aux robinets de la cour avait dit "Madame" sans autre explication . Un  jour de "grand soif" de cette soif qui devient un tourment  pour une enfant de cet âge,  je m'étais mis en tête de boire au robinet. Pas à ceux du lavage des mains, à la vue de tout le monde, NON  à " l'isolé bêtement planté dans le mur" , persuadée que personne ne prêterait attention à mes faits et gestes. Mal m'en a pris , tournant le robinet trop  fort, l'eau avait éclaboussé mon tablier, trempé mes sandalettes et mes socquettes  ... "Madame" était derrière moi avant je j'ai pu dire OUF. Inutile de répliquer, j'étais bel et bien coincée. Tante Clémentine saurait tout à midi, "mononcle" Armand aussi , la punition était suspendue au dessus de ma tête..... faut dire que  je n'en étais pas à ma première incartade... 'l'école des soeurs" se profilait à l'horizon .... je n'aurais plus de cheveux sur le dessus de ma tête... terminées les belles anglaises qui faisait la fierté de maman, la honte, l'horreur..... L'explication avec l'oncle Armand a eu lieu entre deux tartines et une barre de chocolat.

 L'après midi me ramena à l'école, sans une larme, l'oeil brillant, les socquettes et le tablier changé, les chaussures du dimanche aux pieds..... Alors Annie, décidée à être sage. Votre "mononcle" vous a certainement grondée ???  et là d'une traite, sans trembler, droit dans les yeux......  j'ai répliqué .... non, il a dit que quand il était petit il  avait fait de même et qu'il n'y avait vraiment pas de quoi en faire une affaire.....

Pendant bien des années, l'institutrice rencontrant mes parents au gré de leurs visites dans la famille, ne manquait pas de demander des nouvelles de la "petite Annie". A la naissance de mes filles elle s'est enquis de savoir si elles me ressemblaient .....

 

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12/12/2008

SOUVENIR D'ENFANCE - 2 ème épisode

J'avais tout juste 5 ans quand mon petit frère a eu la scarlatine. Branle-bas de combat à la maison, il fallait  m'éloigner de la maladie, la quarantaine avait été décrétée et l'entourage exilé de l'autre côté de la rue où habitaient mes grands parents maternels. A cette époque la scarlatine était une maladie grave et maman, ainsi que ma grand mère se relayaient au chevet du gamin.

SOS fut donc lancé à Pépère Clément qui vint rapidement me chercher. Une nouveauté pour moi ce départ vers la Belgique en plein mois d'avril, avec un changement complet de paysages, les pommiers et les cerisiers en fleur, pas de meules de foin dans les champs.... j'étais avide de découvertes. 

Ce qui ne l'était pas c'était "ce mal de coeur" continuel d'un bout à l'autre du trajet. Les trains et moi ne faisions pas bon ménage et ne le font toujours pas. Nous avions testé dans le temps tous les remèdes de bonne femme contre cet inconvénient... rien n'y faisait et la nautamine n'était pas encore d'utilisation courante. Son apparition rendit les voyages un peu plus confortables en nous faisant dormir les 3/4 du voyage. Les changements et l'attente à Saint Quentin et à Aulnoye apaisaient un peu les nausées et les vomissements, mais de retour sur les roues, le malaise reprenait au grand désarroi de mon grand père, qui ne savait pas trop bien gérer l'affaire. Dans ce domaine maman était d'une grande habilité et nous arrivions à destination sans trop de dégats, mais cette fois là ce fut une vraie catastrophe. Pas question d'y aller de la petite chanson habituelle

Sur les fils télégraphiques

les oiseaux s'y sont perchés

et les vaches mélancoliques

les regardaient passer......

tchou tchou tchou

Arrivés à Charleroi en début de soirée, le voyage n'était pas encore terminé. Il fallait prendre le tram jusqu'à Roux à quelques kilomètres de là, où habitait mon grand père ...... ce fut le coup de grâce  pour la petite fille que j'étais .......

Je me demande si le Monsieur au complet noir sur le siège devant s'est souvenu longtemps de cette gamine poisseuse, nauséeuse, au teint blème, aux yeux cernés.... sa manche de costume SI.

Le lendemain tout était oublié. Après une bonne nuit j'étais prête à faire une autre découverte qui allait m'occuper jusqu'aux vacances d'été.

Mais ce sera pour un autre épisode. il ne me reste plus qu'un tag à honorer.

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11/12/2008

SOUVENIRS D'ENFANCE.....

Taguée par MICHE, l'ALPIN et BETTY..... j'honore  enfin le contrat ... raconter un souvenir d'enfance que je n'ai jamais oublié.

J'ai eu la chance de connaître mes arrières grands parents paternels jusqu'à 9 ou 10 ans. Je ne les voyais qu'aux vacances d'été, qui à cette époque duraient 3 mois. Dès le début juillet mes parents me conduisaient dans la famille de mon père, aux environs de Charleroi en Belgique. Mon frère faisait aussi partie du voyage mais il n'était pas question de le laisser... une heure loin de maman et c'était des pleurs à n'en plus finir. 

Il était donc entendu dès l'âge 4 ans, que j'y passerais mes vacances.  J'y retrouvais pépère Clément, (père de Papa) mon  "mononcle" Armand (frère de papa) et "tante Clémentine" chez qui je résidais la plupart des vacances, mon "mononcle" Omer (frère de papa) tante Eva et cousin Robert , les cousins Jules et Gabrielle leurs enfants et petits enfants, d'autres cousins, cousines chez qui j'allais en visite... des mois d'été extraordinaires où je me gavais de tartines de beurre salé, de gaufres liégeoises, de chocolats de toutes sortes, de tarte au sucre et au riz. A chaque visite je revenais les poches pleines de confiseries. Je crois bien que c'est de ce temps là que m'est venue cette gourmandise et cet amour immodéré pour le chocolat.

Avant de repartir, mes parents faisaient  une visite à mes arrières grands parents. J'ai l'image très nette de la route qui nous y menait  La mine, les térils  et les wagonnets  qui défilaient au loin, roulant sur un cable suspendu dans les airs...  aller et retour , vides, pleins... Ce spectacle me subjugait. Il n'existe plus depuis bien longtemps que la mine est fermée.  

Et puis on abordait la grande côte qui menait chez p'pa Jules et m'man Flore. Elle nous guettait depuis le début de l'après midi  sur le pas de la porte. P'pa Jules était assis sur sa chaise paillée, sa canne à proximité. Il était aveugle, aveugle d'avoir passé ses années de travail comme mineur de fond, silicosé aussi avec une toux  qui parfois le prenait  à ne plus pouvoir respirer. J'étais pressée d'y arriver, mais la côte était rude et j'étais rapidement essouflée à vouloir courir sous le soleil qui cognait dur en ce début d'après midi de juillet.

 Enfin j'y étais. Elle était là petite, menue, sautillante, souriante, le chignon blanc croulant  sur sa nuque. Elle nous embrassait, pleurait, riait, nous trouvait beaux, grands....  Elle sortait de ses poches de tablier des merveilles , ce tablier qu'elle utilisait pour essuyer nos larmes, moucher notre nez, sortir les tartes du four... un tablier de grand mère quoi .... des cigarettes et du tabac pour papa, des barres de chocolat Jaques et Côte d'Or, de ces boules de gommes acides qui nous crissaient les dents.... Pour maman et moi  un tablier. Le mien, de celui qui avait des bretelles avec des volants, froncé un max à la taille avec des grosses "floques" comme elle appelait les noeuds qui le retenait, un tablier qui "tournait" quand je faisais la toupie , dans les tons pastels... j'aimais le bleu et le rose et de larges rubans assortis pour retenir mes longues nattes, que maman pliaient en deux  comme des oreilles de cockers ou attachaient en couronne autour de ma tête. Important les deux gros noeuds. Pendant les vacances pas question de faire les belles anglaises que maman tournaient autour de son index, après avoir retiré les bigoudis de métal, qu'elle s'appliquait à poser en une rangée serrée et rectiligne, tous les soirs de l'année. Tout l'été mes cheveux étaient tressés pour faciliter le travail des tantes et cousines, préposées  à ma toilette et j'avais l'impression d'avoir une tête légère.  Pour mon frère c'était une barboteuse...  bien bouffante à la mode de l'époque.

Après bien des embrassades, des appels aux voisins "pour voir les petits de France", on entrait dans la maison au carrelage brillant, qui sentait bon le café et les agapes commençaient, elle sortait les gaufres, la tarte au riz et celle au sucre, le pain cramik, le beurre salé, les bouteilles de bière, de la PILS disaient les hommes et pour nous de la limonade  et un vin de cerises maison pour les dames. On avait faim, on avait soif..... Il faut dire qu'on ne faisait pas un repas le midi. C'était parfois une soupe,  des tartines avec de la charcuterie et surtout les très fines tranches de lard maigre fumé dont je me régalait   ... le repas, avec viande légumes et pommes de terre,  c'était  vers 17 h ...... les vacances allaient être merveilleuses .... Je reverrais papa, maman et Alain fin septembre .

Trois mois où j'allais être la princesse de toute cette famille éloignée et en particulier de pépère Clément .

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08/05/2008

NOUNOURS DE NOTRE ENFANCE .....

«Que deviennent les très vieux nounours ? Perdent-ils la vue, l'ouïe, leur agilité, leurs poils ? (…) les vieux nounours s'affalent sur eux-mêmes, perdent un peu la mémoire, leur force, et parfois leur tête, mais restent toujours fidèles à eux-mêmes, ils oublient les jours de la semaine, mais pas leurs amis ni leurs espoirs. Il faut dire que les nounours de ma connaissance sont rarement maltraités, et peuvent couler de vieux jours heureux...»

 

 « Les nounours sont intemporels et éternels dans le coeur des enfants »

(Extrait du Journal d’un Nounours)

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et une très sympathique exposition au pays de l'enfance, où Nounours, poupées, jouets et livres anciens étaient rassemblés pour le plus grand plaisir des visiteurs petits et grands, et pour  laquelle j'ai sorti  quelques uns de nos souvenirs.....

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 Poupée Julie de Virginie (1975)
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et nounours rose d'Isabelle (1968)

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s'y sont fait des amis plus jeunes ou très vieux

et se sont retrouvés pour un gros calin...

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