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27/05/2008

MAI 68 LA DEFERLANTE DES GREVES ....

16 MAI

Les décisions de grève avec occupations se multiplient dans les usines. Dès 8 heures chez Lookheed à Beauvais et Unélec à Orléans, à14 heures chez Renault à Flins, à 16 heures à l’usine Renault du Mans et en soirée dans celle de Sandouville. Dans la matinée des ouvriers de mécanique, de la fonderie et des forges débrayent à Renault Billancourt.

 

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Puis deux départements arrêtent les machines et parcourent les ateliers en manifestant. Le soir l’usine est occupée, tandis qu’à Badan petite gare de triage près de Lyon, des cheminots débrayent.

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Partout des revendications qui se rassemblent : le Smig à 1000 F, la réduction de la durée du travail, les libertés syndicales. Georges Pompidou fait une allocution à la télévision.

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17 MAI

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Les grèves s’étendent comme un véritable raz de marée. Les cheminots de Montparnasse et Vaugirard s’arrêtent. Le trafic banlieue est déjà à moitié paralysé. Sur l’ensemble du réseau la grève court de dépôt en dépôt. Dans les PTT les mouvements démarrent dans les Centre de Tri et aux chèques postaux.

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Tout au long de la journée, la liste des usines occupées ne cesse de s’allonger : les chantiers navals du Trait près de Rouen, Rhodiaceta, les Forges du Creusot, Nord Aviation, Hispano Suiza Babcok, Berliet, Rhône poulenc. A 17 heures on dénombre 300 000 grévistes. A 22 heures 600 000.

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Dans la soirée les personnels de l’ORTF adoptent le principe de la grève générale.

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18 MAI

D’heure en heure  les décisions de grève s’étendent  aux différents secteurs du service public. Le général de Gaulle rentre de son voyage officiel en Roumanie

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19 MAI

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 Les Banques, les Assurances, la Sécurité sociale, les hôpitaux, les mines prennent à leur tour le train de la grève.

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20 MAI

Des centaines de grandes entreprises sont occupées : Peugeot, Citroën, Alsthom, Michelin, les usines Kléber Colombes dont le patron est Huvelin, le président du CNPF. Les enseignants du second degré décident d’arrêter les cours. On dénombre entre 5 et 6 millions de grévistes.

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21 MAI

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La grève  touche l’ensemble de l’Education nationale. Les employés rejoignent massivement le mouvement : les trois quarts des 120 000 salariés des grands magasins et supermarché sont  en grève.

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 A Paris les jeunes médecins et architectes occupent les bureaux de leur ordre tandis que les écrivains envahissent la Société des gens de lettres.Tous les secteurs sont touchés : les laboratoires, le commissariat à l’énergie atomique, les ports, les douanes, les mairies et même les préfectures.

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Plus un train, plus un autobus, plus un métro ne circule. Les trois quarts des stations service sont à sec. La marche à pied devient le sport le plus pratiqué.

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22 MAI

A l’Assemblée Nationale, la motion de censure présentée par l’opposition est rejetée. Il lui manque 11 voix. La CGT et la CFDT rendent publique une déclaration commune. Elles réclament l’abrogation immédiate des ordonances sur la Sécurité sociale et l’ouverture de négociations sur les salaires, le passage du SMIG à 600 F par mois, la garantie de l’emploi et des ressources, la réduction de la durée de travail sans perte de salaire, l’extension des droits syndicaux dans l’entreprise.

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23 MAI

Le mouvement social atteint son point culminant : 9 millions de salariés sont en grève. Les chiffres cités par les centrales syndicales sont impressionnants : 2 millions de grévistes dans la métallurgie, 1 million dans le bâtiment, 350 000 à la SNCF, 300 000 dans le textile, 250 000 dans les PTT, 110 000 à EDF-GDF, 100 000 dans l’habillement, 300 000 dans la chimie, 200 000 dans le sous-sol. La grève s’installe dans les entreprises, les administrations, les magasins et sur le pavé de la rue.

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16/05/2008

D’AUTRES JOURS DE MAI…..68

8 MAI

A l’appel de la CGT et de la    CFDT le Grand Ouest bouge en masse : dans neuf départements, la plupart des entreprises sont en grève de 24 heures. Des manifestations massives (30 000 personnes à Brest, 20 000 à Quimper, 10 000 à Rennes) réclament la sécurité de l’emploi, des salaires décents, une autre politique économique et sociale.

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A Paris, 20 000 étudiants se rassemblent à la Faculté des Sciences, des cortèges de Lycéens manifestent jusqu’à l’Odéon. L’UNEF  appelle à la solidarité des Centrales syndicales.

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9 MAI

9 heures    : rencontre CGT-CFDT

18 heures : des délégations des deux bureaux confédéraux, conduites par Georges Séguy et Eugène Deschamps sont reçues par l’UNEF en vue de déterminer les conditions d’une action commune.

 

10 MAI

La CGT, la CFDT, la FEN, le SNE-Sup et l’UNEF décident d’organiser le 14 mai, des manifestations communes dans toutes les grandes villes du pays, pour l’amnistie de tous les manifestants condamnés, les libertés syndicales et politiques. En fin  de journée, 50 000 étudiants et lycéens manifestent dans le calme à  Denfert-Rochereau. Des cortèges se dirigent vers le quartier latin et y dressent des barricades. Christian Foucher, Ministre de l’Intérieur donne l’ordre de « nettoyer » la rue Gay-Lussac. Les forces de l’ordre s’exécutent  avec une violence inouïe. Les blessés se comptent par centaines. On dénombre plus de 5 000 arrestations.

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C’est « la nuit des barricades ».

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Paris s’éveille au matin du samedi 11 mai avec la gueule de bois : voitures incendiées, rue dépavées, vitrines brisées. Les syndicats ouvriers dénoncent les brutalités policières et appellent à manifester aux côtés des étudiants.

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A ORLEANS

Pierre Messmer, le ministre des Armées a présidé les fêtes johanniques… sous, la pluie. Mais dans le calme. Aucun incident n’est venu troubler le défilé du cortège officiel. Les Orléanais applaudissent Marie-Christine Chantegrelet, la Jeanne 68, le défilé des provinces et la parade militaire.

Et pourtant, soutenus par la CGT et la CFDT, les étudiants orléanais organisent une nouvelle manifestation en ville, le vendredi 10 mai à 19 H 30. Sur les banderoles et dans les discours on réclame « la fin de la répression policière », « la réouverture des facultés », « la levée de toutes les sanctions disciplinaires ».

Malgré l’agitation quasi-générale et les violences parisiennes la vie continue : La Maire inaugure le 10 mai  le stade de la Vallée à Orléans, la quinzaine commerciale s’achève à Montargis et Sceaux du Gâtinais s’apprête à vivre sa cavalcade….

 

11 MAI

9 heures : réunion à la Bourse du travail de Paris. Sont présents : la CGT à l’initiative de la rencontre, la CFDT, la FEN, l’UNEF et le SNE-Sup. une grève générale est décidée pour le lundi 13 Mai, avec appel à manifester dans toute la France.

Dans l’après-midi, FO rejoint le mouvement.

22 Heures 30 : Le Premier Ministre, Georges Pompidou, rentré en urgence d’un voyage officiel en Afghanistan, prononce une allocution. Il accepte les préalables des étudiants : réouverture de la Sorbonne, libération des manifestants emprisonnés.

 

 IL EST TROP TARD …..

 

12 MAI

Pendant tout le week end, des millions de tracts sont distribués dans la France entière. La CGT diffuse un  numéro spécial de « La Vie Ouvrière » à des centaines de milliers d’exemplaires. Douze étudiants incarcérés sont libérés.

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13 MAI

Pour le dixième anniversaire de la Ve République, une manifestation historique déboule sur le pavé parisien ! Combien sont-ils ? 200 000 comme l’affirme la police ou un million selon les organisateurs ? De la République à Denfert-rochereau, sept kilomètres de cortège s’écoulent dans le calme !
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En province, les foules sont toutes aussi impressionnantes : 60 000 à Lyon, 50 000 à Toulouse, Marseille, Bordeaux, 25 000 à Nantes, Grenoble ou Nancy.

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Dans l’ensemble la grève est largement suivie. Forte dans le secteur public (transports parisiens, SNCF, EDF, PTT, banques et assurances).

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Contrastée dans l’industrie selon les branches et les régions.

 

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14 MAI

Au petit matin, le Général de Gaulle quitte paris pour un voyage officiel prévu de longue date en Roumanie.

A Woippy  En Lorraine, les 500 ouvriers de l’usine Class décident de continuer la grève entamée le jour précédent. Décision identique à Toulouse chez Duc et Méric.

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15 heures : les 2000 ouvriers de l’usine SUD AVIATION votent la grève illimitée et décident l’occupation immédiate de l’usine.

Le Directeur Pierre Duvochet est séquestré dans son bureau, les grilles d’entrée soudées, des postes de garde organisés, un comité de grève élu. Les constructeurs de la Caravelle démarrent, loin du Paris étudiant, la première occupation d’usine.

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15 MAI

Dans la banlieue de ROUEN, les ouvriers de RENAULT CLEON débrayent dans la matinée, reprennent le travail…. Puis débrayent à nouveau, cette fois définitivement : l’entreprise est occupée, le drapeau rouge flotte sur l’usine.

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Dans la soirée, l’exemple de Cléon fait tache d’huile en Normandie. : KLEBER COLOMBES  à Elbeuf et LA ROCLAINE à Saint Etienne du Rouvray s’arrêtent à leur tour.

A Paris les chauffeurs de taxis sont à nouveau en grève.

Les étudiants occupent le théâtre de l’Odéon.

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 Le bureau confédéral de la CGT lance un appel à tous les travailleurs et travailleuses de France.

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(sources - Un mois de mai très occupé (VO Edition le Temps des cerises - La République du centre (10 mai 2008) - Magazine Vie Nouvelle avril-mai 2008)

08/05/2008

ON LE DISAIT .....

Sous les pavés, la plage.
 
 Mai 1968

07/05/2008

2 – UN MOIS DE MAI TRèS OCCUPé

LA POUSSEE DE FIEVRE

DES PREMIERS JOURS

 DE MAI 1968

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1ER MAI

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De nombreuses luttes  sociales qui se développent depuis plusieurs mois, donne à ce 1er MAI  une signification particulière. Au cœurs de revendications : l’augmentation des salaires, la défense de l’emploi, l’abrogation des ordonnances sur la Sécurité Sociale. Des dizaines de milliers de salariés manifestent en province. A Paris, pour la première fois depuis 14 ans, le gouvernement doit autoriser  un défilé dans la capitale. A l’appel de la CGT 10 000 travailleurs manifestent entre République et Bastille.

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2 MAI

La faculté des Lettres de  Nanterre est fermée. A Nantes les salariés de l’usine Sud-Aviation-Bouguenais et manifestent  dans les rues de la ville. Les rênes nationales du groupe aéronautique sont tenues par un certain Maurice Papon. Pendant ce temps, l’Assemblée Nationale , sur proposition du Groupe communiste, adopte à l’unanimité la généralisation de la 4ème semaine de congés payés et les fédérations CGT et CFDT du textile annoncent des grèves dans les usines de textile artificiel…

ORLEANS s’apprête à vivre un week-end de fêtes johanniques. Le Conseil général étudie l’aménagement touristique des forêts et des étangs du Loiret. La quinzaine commerciale de Montargis est placée sous le signe de la Chaussure. La publicité vante les qualités du Frigidaire à 1190 Francs. La 1ère chaîne de l’ORTF propose « les Shadocks » à 20 H 30, « Cinq colonnes à la Une » à 20 H35 et « Show Bardot à 22 H 35 …. La fièvre n’a pas encore atteint la province. Il faudra attendre quelques jours pour que les étudiants du campus de la Source descendent dans la rue.

3 MAI

A l’appel du recteur Jean Roche, la police investit la Sorbonne, en chasse les étudiants et procède à de nombreuses arrestations. Les étudiants manifestent Boulevard Saint Michel et se heurtent aux forces de l’ordre. Les affrontements sont violents. Pavés et cocktails molotov contre matraques et gaz lacrymogènes. Les CRS chargent… Bilan 596 interpellations, 27 gardes à vue.

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A ORLEANS, on annonce la venue du ministre des Armées Pierre Messmer, le mardi 7 dans l’après midi. Il doit  présider aux côtés au Maire d’Orléans les fêtes de Jeanne d’Arc.  Mais sur le campus de la Source,  les esprits s’échauffent à la fac d’Orléans. La Préfecture interdit toute manifestation, mais un mot d’ordre de grève est lancé. Les étudiants désertent les cours. Le lundi 6 mai en fin d’après midi, à 18 h 15 les étudiants se rassemblent Place du Martroi. 400 manifestants défilent  en direction de la Préfecture….. Ils sont stoppés par une double haie de gardiens de la paix. Un compromis leur permettra malgré tout de tenir un meeting qui se fera dans le calme.

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4 MAI

A l’exemple de Bougenais, les salariés de l’usine Sud-Aviation de Suresne débrayent massivement. Dans les PTT arrêt de travail et les appels à la grève pour les jours suivants se multiplient. Devant la Xe chambre correctionnelle de PARIS ,  sept étudiants arrêtés la veille sont condamnés à des  peines de prison avec sursis et des amendes.

5 MAI

La Xe chambre correctionnel prononce de nouvelles peines de prison, certaines fermes. Le SNES exige la libération des étudiants arrêtés, la réouverture des facultés de Nanterre et de la Sorbonne et réclame des mesures urgentes pour l’Université…..

6 MAI

L’escalade répressive  se poursuit. Une manifestation de  l’UNEF est durement réprimée. Des heurts violents secouent le Quartier Latin toute la soirée. On compte plus de 500 blessés et 422 arrestations. Dans toute la France, à l’appel de la CGT , 10 000 mineurs cessent le travail pour imposer de nouvelles mesures de sécurité.

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7 MAI

30 000 étudiants défilent à Paris, de Denfert-Rochereau à l’Etoile et des manifestations ont lieu dans la plupart des grandes villes universitaires. Lors d’une conférence de presse, Georges Séguy au nom de la CGT , dénonce la répression policière. Les taxis parisiens en grève désertent  la capitale tandis que des arrêts de travail se poursuivent à Sud-Aviation-Bouguenais et démarrent dans d’autres entreprises (Renault-Sandouville, Ateliers et Chantiers du havre, Sécurité sociale de la région parisienne). Les Centres de tris et les services ambulants des PTT sont désertés dans toute la France.

sources - ouvrage "un mois de mai très occupé"  VO éditions et Journal "la République du Centre"

 
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