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27/07/2007

"ESSENCES ET PARFUMS" - Anny Duperey

EXTRAIT - souffles du passé

Les roses d'Ispahan dans leur gaîne de mousse,

Le jasmin de Mossoul, les fleurs d'oranger

Ont un parfum moins frais, ont une odeur moins douce,

O blanche Leïlah ! que ton souffle est léger.

 

Ta lèvre est de corail, et ton rire léger

Sonne mieux que l'eau vive et d'une voix plus douce,

Mieux que le vent joyeux qui berce l'oranger,

Mieux que l'oiseau qui chante au bord du lit de mousse.

 

Mais la subtile odeur des roses dans leur mousse,

La brise qui se joue autour de l'oranger

 Et l'eau vive qui flue avec sa plainte douce

Ont un charme plus sûr que ton amour léger !

 

 O Leïlah ! depuis que de leur vol léger

Tous les baisers ont fui de ta lèvre si douce,

Il n'est plus de parfum dans le pâle oranger,

Ni de céleste arome aux roses dans leur mousse

 

L'oiseau, sur le duvet humide et sur la mousse

Ne chante plus parmi la rose et l'oranger ;

L'eau vive des jardins n'a plus de chanson douce,

 L'aube ne dore plus le ciel pur et léger.

 

Oh ! que ton jeune amour, ce papillon léger,

Revienne vers mon coeur d'une aile prompte et douce,

Et qu'il parfume encore les fleurs de l'oranger,

Les roses d'Ispahan dans leur gaine de mousse !

 

LECONTE DE LISLE  - Poèmes tragiques

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08:35 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook

26/07/2007

"PARFUMS ET ESSENCES" - Anny DUPEREY

Extrait - Essences charnelles

"D'autres fois, lorsqu'elle le croyait endormi, Albine disparaissait pendant des heures. Et, lorsqu'elle rentrait, elle le trouvait les yeux luisants de curiosité, dévoré d'impatience. il lui criait :
"d'où viens-tu ?"
Et il la prenait par les bras, lui sentait les jupes, le corsage, les joues.
"Tu sens toutes sortes de bonnes choses .... Hein ? tu as marché sur de l'herbe ?"
Elle riait, elle lui montrait ses bottines mouillées de rosée.
"Tu viens du jardin! tu viens du jardin!" répétait-il, ravi. Je le savais. Quand tu es entrée, tu avais l'air d'une grande fleur.... Tu m'apportes tout le jardin dans ta robe."
Il la gardait auprès de lui la respirant comme un bouquet. Elle revenait parfois avec des ronces, des feuilles, des bouts de bois accrochés à ses vêtements. Alors, il enlevait ces choses, les cachait sous son oreiller, ainsi que des reliques. Un jour, elle lui apporta une touffe de roses. Il fut si saisi, qu'il se mit à pleurer. Il baisait les fleurs, il les couchait avec lui, entre ses bras. Mais , lorsqu'elles se fanèrent, cela lui causa un tel chagrin, qu'il défendit à Albine d'en cueillir d'autres. Il la préférait, elle , aussi fraîche, aussi embaumée ; et elle ne se fanait pas, elle gardait toujours l'odeur de ses mains, l'odeur de ses cheveux, l'odeur de ses joues. Il finit par l'envoyer lui-même au jardin en lui recommandant de ne pas remonter avant une heure.
"Vois-tu, comme cela, disait-il, j'ai du soleil, j'ai de l'air, j'ai des roses jusqu'au lendemain."


Emile Zola - La faute de l'abbé Mouret

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09:40 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

25/07/2007

QUELLE ODEUR !!!!!

"L'odorat est le plus mystérieux de nos sens. Il est le premier, peut être, à vous attacher au monde. L'enfant, on le sait, perçoit des sons à travers le liquide amniotique, se familiarise avec les voix lointaines de son entourage. Lors du grand choc de la naissance, il sent si on le manipule avec douceur ou brutalité, la plupart du temps par des mains qui ne sont pas celles de sa mère ou de son père. Il ne distingue rien encore, qu'une grande lueur mêlée d'ombres mouvantes. Et puis, au milieu de tout ce charivari d'impressions violentes, quelque chose de doux, de non palpable, de non bruyant, quelque chose qui ne peut pas blesser, pénètre subtilement son être et ouvre l'affectivité : l'odeur de sa mère. C'est elle qui noue les premiers liens.
C'est pourquoi je pense, l'odorat sera toujours en avance sur l'observation, le goût, le dégoût et même l'intelligence. Le nez n'est-il pas placé, comme par hasard, à la proue du corps, devant les yeux et les oreilles ? il "marche" devant nous en première ligne, pourrait-on dire. Il nous renseigne sur le choses, les endroits, les gens que nous appréhendons, de la manière la plus directe, la plus animale. On ne peut pas analyser, raisonner l'odorat : il est un radar sauvage, un radar que nous n'écoutons pas toujours mais dont nous sommes obligés de subir les informations.
Au-delà des odeurs facilement reconnaissables, séduisantes ou répugnantes, ce sens détermine peut-être nombre de nos attirances ou antipathies, détectant des effluves cachés, captant ces fameuses phéromones difficiles à identifier.
Notre vocabulaire est plein d'expressions qui font référence à cette affaire "j'ai du nez". Sans parler d'avoir quelque chose "dans le pif" ou d'être "en odeur de sainteté".
Je pense que si la vue est l'instrument par excellence de l'objectivité, l'odorat est celui de nos sens le plus en prise avec l'inconscient. C'est pourquoi son pouvoir est immense, encore indéfini, étrangement puissant notamment sur le fonctionnement de la mémoire......."
Anny DUPEREY

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extrait de la préface du livre "Essences et Parfums" dans lequel l'auteur à réunis des extraits de poésies, de romans.... d'émotions parfumées, des plus grands auteurs de Ronsard à Baudelaire, de Giono à Zola, d' Appolinaire à Pagnol ou encore Vian, pour mettre nos sens en éveil. Un livre tout en enchantement parfumé dont je vous ferais partager les secrets au fil du temps......
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08:20 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook

05/03/2007

HENRI TROYAT

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L'écrivain Henri Troyat écrivain Français d'origine Russe est décédé hier 4 mars 2007 à l'âge de 95 ans
Fils d'un commerçant, Léon Aslanovitch Tarassov naît le 1er novembre 1911 à Moscou. Au lendemain de la révolution de 1917, sa famille doit s'expatrier. Après un long voyage, elle arrive en France en 1920.
Il étudie au lycée Pasteur à Neuilly, se passionne pour la littérature. Licencié en droit, naturalisé français, il devient rédacteur à la Préfecture de la Seine en 1935 et publie la même année son premier roman "Faux jour", qui reçoit le prix populiste. Trois ans plus tard, le Goncourt lui est attribué. Le livre couronné se vend à plus de 100.000 exemplaires. Sa carrière est lancée.
Il décide que, jamais, il ne retournera dans sa patrie, préférant à la réalité ce qu'il appelle sa "Russie intérieure": "la neige est plus propre dans mes rêves", estimait-il.
Attaché au réalisme du XIXè siècle, sa terre natale lui a fourni une inépuisable source d'inspiration, notamment pour ses biographies des tsars (Ivan le Terrible, Catherine la Grande ou Nicolas Ier) et des classiques russes (Dostoïevski, Tolstoï, Gogol, Tchékhov, Tourgueniev etc.). Il a également publié des biographies des grands auteurs français du XIXè siècle: Flaubert, Maupassant, Zola, Verlaine, Baudelaire ou Balzac
Forcené de la plume, Henri Troyat est l'auteur de plus de 100 livres, écrits, sa vie durant, avec une régularité de métronomeIl commence dans les années 1940 une grande épopée inspirée de ses souvenirs de Russie, Tant que la Terre durera en 1947 (3 volumes). Son oeuvre de fiction mêle des nouvelles, des récits psychologiques et des cycles romanesques qui ont souvent connu un vif succès : "Les Semailles et les moissons" (1953), "La Lumière des Justes" (1959), "Les Eygletière" (1965), - deux sagas adaptées pour la télévision -, "Le Moscovite" (1974) et le cycle de Sylvie avec "Viou" (1980), "A demain Sylvie" (1986), "Le Troisième bonheur" (1987). Parmi ses romans, "La Neige en deuil" (1952) a été porté à l'écran et "Le Front dans les nuages" (1976) adapté à la télévision..........
Henri Troyat, très connu à l'étranger, était le doyen de l'Académie française, où il avait été élu en 1959, et le doyen des lauréats du Goncourt Grand Croix de la Légion d'Honneur, lauréat de plusieurs autres prix, il avait publié ses souvenirs en 1976 : "Un si long chemin".
En 2003, il avait été condamné pour "contrefaçon" dans la biographie de "Juliette Drouet", la maîtresse de Victor Hugo, qu'il avait publiée en 1997
Depuis, il avait écrit trois ouvrages en 2004, un en 2005 sur Alexandre Dumas et un ultime roman, "La traque", en 2006.

Le choix de mes lectures m'a à plusieurs reprises entraînée dans les dédales des romans d'Henri Troyat avec bonheur et passion pour certains comme Les Eygletières, la lumière des justes, les semailles et les moissons, Viou, , Tant que la terre durera, l'Araigne, la neige en Deuil, les Héritiers de l'avenir, Anne Prédailles, Aliocha, la Pierre, la feuille, les ciseaux......

03:10 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

 
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