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22/10/2007

ESSENCES ET PARFUMS ......

Une nouvelle fois, un  petit tour dans le très beau livre d’Anny Duperey « Essences et Parfums »  du côté des "essences charnelles" avec aujourd’hui Ronsard

 

Vous êtes le bouquet de vostre bouquet même,

Et la fleur de sa fleur, sa grâce et sa verdeur,

De vostre douce haleine il a pris son odeur :

Il est comme je suis de vostre amour tout blesme

 

Ma dame voyez donc puisqu’un bouquet vous aime

Indigne de juger que peut vostre valeur

Combien doy-je sentir en l’âme de douleur,

Qui sert par jugement vostre excellence extrême ?

 

Mais ainsi qu’un bouquet se flestrit en un jour,

J’ay peur qu’un mesme jour flestrisse vostre amour.

Toute amitié de femme est soudain effacée.

 

Advienne le destin comme il pourra venir,

Il ne peut de vos yeux m’oster  le souvenir :

Il faudroit m’arracher le cœur et la pensée.

 

(amours diverses)

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31/07/2007

"ESSENCES ET PARFUMS" - Anny DUPEREY

Extrait : Senteurs des Villes - Senteurs des champs.

 Il fera longtemps clair ce soir, les jours allongent

La rumeur du jour vif se disperse et s'enfuit.

Et les arbres, surpris de ne pas voir la nuit,

demeurent éveillés dans le soir blanc, et songent....

 

Les marroniers, sur l'air plein d'or et de lourdeur,

Répandent leurs parfums et semblent les étendre ;

On n'ose pas macher ni remuer l'air tendre

De peur de déranger le sommeil des odeurs.

 

De lointains roulements arrivent de la ville ...

La poussière qu'un peu de brise soulevait,

Quittant l'arbre mouvant et las qu'elle revêt

Redescend doucement sur les chemins tranquilles ;

 

Nous avons tous les jours l'habitude de voir

Cette route si simple et si souvent suivie,

Et pourtant  quelque chose est changé dans la vie ;

Nous n'aurons plus jamais notre âme de ce soir....

 

Anna de NOAILLES - Le coeur innombrable

           

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30/07/2007

"ESSENCES ET PARFUMS" - Anny DUPEREY

Extrait : Arômes et Fumets

"mes tantes y arrivent le samedi pour vendre du fromage, des poulets et du beurre.

Je vais les y voir, et c'est une fête à chaque fois.

c'est qu'on y entend des cris, du bruit, des rires !

Il y a des embrassades et des querelles.

Il y a des engueulades  qui rougissent les yeux, bleuissent les joues, crispent les poings, arrachent les cheveux, cassent les oeufs, renversent les éventaires, dépoitraillent les matrones, et me remplissent d'une joie pure.

Je nage dans la vie familière, grasse, plantureuse et saine.

J'aspire à plein nez des odeurs de nature : la marée, l'étable, les vergers, les bois .....

Il y a des parfums âcres et des parfums doux, qui viennent des paniers de poissons ou des paniers de fruits, qui s'échappent des tas de pommes ou des tas de fleurs, de la motte de beurre ou du pot de miel.

Et comme les habits sont bien des habits de campagne !

les vestes des hommes se redressent comme des queues d'oiseaux, les cotillons des femmes se tiennent en l'air comme s'il y avait un champignon dessous.

Des cols de chemise comme des oeillères de cheval, des pantalons à ponts, couleur de vache, avec des boutons larges comme des lunes, des chemises pelucheuses et jaunes comme des peaux de cochons, des souliers comme des troncs d'arbre...

Les parapluies énormes, en coton sang de boeuf, les longs bâtons qui ont le bout comme un oignon, les petites poules noires qui se cognent contre les cages, les coqs fiers, piaffant de leurs pattes à la hussarde....

C'st l'arche de Noé en plein vent, déballée sur un lit de fumier, de paille et de feuillage.

La fontaine claire vomit par la gueule de ses lions des nappes de fraîcheur.

Jules VALLES : l'enfant

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28/07/2007

"ESSENCES ET PARFUMS" - Anny DUPEREY

Extrait : Sillages envoûtants

Le Marchand de parfums

Tu prétends que Karoûn et que Balkis ne possédaient pas des parfums plus suaves que les tiens : tu prétends que les jardins de Marib n'exhalent pas des odeurs plus pénétrantes.

Je n'ai connu ni Karoûn ni Balkis , je n'ai jamais traversé les jardins de Marib, mais je n'ai respiré que le parfum de ma bien-aimée.

A présent, ma bien-aimée boit les eaux sacrées du Kaoussar, ma bien-aimée est retournée à Dieu, et je cherche son parfum.

Je l'ai demandé au vent du sud, qui avait saccagé des oasis ; au vent du nord , qui avait caressé les fleurs blanches des montagnes ; je l'ai demandé à l'haleine du printemps.

Mais l'haleine du printemps ne charriait pas assez d'arômes, le vent du Nord n'avait pas carressé les seins de ma bien-aimée, et le vent du sud n'avait pas emmelé sa chevelure.

Marchand de parfums , ne me montre pas tes buires.

Traduit de l'arabe par Franz TOUSSAINT- le jardin des caresses

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