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12/09/2007

QUAND LA LOIRE ETAIT NAVIGUEE - 1

La Loire était jadis une voie essentielle de navigation intérieure. Des quais, des anneaux d'amarrage rappellent que, durant plusieurs siècles, la navigation sur la Loire a joué un rôle primordial dans l'économie de notre pays.

Un bâton de marine. L'état du lit fluvial n'est alors pas différent d'aujourd'hui. La batellerie avait l'art de s'adapter aux conditions naturelles du fleuve, faible profondeur, instabilité, irrégularité, engravement et ensablement. Le chaland de Loire, tout en bois, à fond plat et à l'avant relevé pour glisser sur les bancs de sable, est un bateau long de 29 à 31 mètres, large de 4,5 mètres, pouvant transporter 100 à 150 tonnes et n'ayant besoin, selon la charge, que de 0,5 à 1,08 mètre de tirant d'eau. La navigation cesse lors des trois mois d'étiage, juillet, août et septembre. L'arrière du bateau, de forme carrée, est muni d'un gouvernail appelé piaute, barre fixée sur une fourche de bois restant constamment dans l'axe du bateau et ne pouvant pivoter que sur elle-même dans un plan vertical, pour détourner le bateau à droite ou à gauche. La direction est assurée au moyen du "bâton de marine", forte pièce de bois, longue de 4 mètres, que le marinier applique dans les encoches d'une crémaillère de bois appelée arronçoir et plaqué contre les bords extérieurs du bateau.

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Le "Roi des fleuves". Le bâton de marine enfoncé d'un bout dans les sables du fond et butant de l'autre bout sur l'arronçoir, chasse à droite ou à gauche le bateau poussé par le courant. En aval d'Orléans pour remonter à contre-courant, les chalands usent de longues voiles atteignant 20 et 22 mètres de haut. Réunis par 4 à 6, ils circulent en trains, avec voiles décroissantes, accompagnés de petites barques, appelées toues, qui servent à éviter les obstacles et à manoeuvrer sous les ponts. La navigation a toujours été dangereuse et doit affronter brouillards, vents violents, crues soudaines, embâcles et débâcles. Les échouages et les naufrages sont fréquents. Par son exceptionnel tracé, la Loire permet de relier l'Atlantique à la Méditerranée, la France de l'ouest et du nord à celle du centre et du midi. Au sommet de la grande courbe fluviale, Orléans où convergent les navigations montante et descendante, est la métropole économique du royaume, l'entrepôt et le centre de transformation de toutes les marchandises qui s'y consomment.

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Surnommés les "chie en l'eau". La cité johannique joue aussi, avant la navigation à vapeur sur la Seine, le rôle de port pour Paris en relation avec les "deux mers", grâce à deux canaux, celui de Briare (1642) et celui d'Orléans (1692). Aux XVII-XVIIIème siècles, le trafic orléanais porte sur le sel, les vins, les céréales, les denrées coloniales comme le sucre de canne, les matières textiles, les matériaux de construction, les objets d'artisanat comme des faïences et des poteries. La célèbre Compagnie des "marchands fréquentant la rivière de Loire et fleuves descendant en icelle" entretient le chenal navigué. Elle tente de le rendre exempt de tout obstacle, matériel comme des épaves ou humains comme les prétentions des seigneurs riverains à lever péages et tributs. Rudes et gais lurons, les mariniers, surnommés les "chie en l'eau" par opposition aux paysans, "les culs-terreux", forment une corporation puissante avec ses usages, ses traditions, ses fêtes, son saint patron Nicolas

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et aussi son courage lors des inondations et naufrages. A l'ère industrielle, la Loire est, par nature, incapable de satisfaire aux exigences d'une batellerie commerciale moderne.

à suivre

(sources Reflets du Loiret  et internet) 

03/09/2007

FEMMES ET HOMMES CELEBRES DU LOIRET

Henry-Louis Duhamel du Monceau, un grand savant philanthrope

Duhamel du Monceau, seigneur de Denainvilliers dans le Pithiverais a sa place au panthéon des grands scientifiques des Lumières. Le domaine de ses recherches était en effet sans limite.

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Un immense appétit de savoir.
De la botanique à l'architecture navale, le domaine de ses recherches était sans limite. Selon Condorcet, il était " un des hommes les plus instruits d'Europe ", correspondant aux quatre coins du continent avec les sociétés savantes. Les forêts françaises lui doivent beaucoup. Il y a introduit le pin de Riga, le chêne rouge d'Amérique et le cèdre du Liban. De 1755 à 1768, il publia la bible des forêts, « le Traité des arbres et des forêts ». Ce fut un best-seller pour son époque, traduit dans plusieurs langues. Né en 1700 à Paris, Henry-Louis Duhamel est le troisième enfant du seigneur de Denainvilliers, terre proche de Pithiviers. Il fait son droit à Orléans puis étudie à Paris au Jardin du Roi (futur Jardin des plantes). Grand humaniste, Duhamel est convaincu que le progrès conduira à une société meilleure. Diderot parle de lui comme du modèle du savant philanthrope.

Une vie vouée à la science.
Duhamel acquiert en 1727 une propriété à Pithiviers-le-Viel, le Domaine du Monceau. L'année suivante, il connaît son premier titre de gloire en sauvant le safran du Gâtinais et du Pithiverais ravagé par un mystérieux champignon. Sa découverte lui ouvre les portes de la prestigieuse Académie des Sciences. Il alterne séjours à Paris, voyages à travers l'Europe et retour sur ses terres. L'homme y retrouve sa famille, en particulier son frère aîné et ses neveux, qui l'aident dans ses recherches. Duhamel ne se marie pas et semble avoir voué sa vie à la science. Les terres du Monceau, de Vrigny et de Denainvilliers se transforment en plantations. Le savant y teste grandeur nature ses recherches. Il poursuit des recherches sur le machinisme agricole et sur la conservation des grains. Il est un des initiateurs des mouvements agronomiques du XVIIIe siècle. Il contribua à la diffusion de cultures nouvelles comme la pomme de terre ou les plantes textiles. Ses recherches sylvicoles concernant les techniques de culture des arbres, l’étude du matériau bois,

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le transport des arbres, des plantes ou les semences par mer, connurent de grands retentissements. Bon nombre de ses ouvrages furent traduits de son vivant. Il est aussi un pionnier de la météorologie en réalisant quarante années de constations climatiques sur ses terres.

 Une carrière de grand commis de l'Etat.
À partir de 1731, il ajoute à toutes ses activités une carrière de grand commis de l'Etat. Le ministère de la Marine cherche une technique pour courber le bois de construction des vaisseaux. Duhamel se charge de l'étude. Il sillonne les ports et les arsenaux. La marine lui est redevable d'un nombre incalculable d'avancées dans les domaines des constructions, de la corderie, de la voilerie et de l'artillerie. Promu en 1739 Inspecteur général de la Marine, il fonde quelques années plus tard l'Académie de Marine. Jusqu'à la fin de ses jours, il fera autorité dans ce domaine. C'est d'ailleurs sa collection de maquettes qui sera à l'origine du musée de la Marine de Paris.

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Homme de génie, d'observation et d'intuition, Henry-Louis Duhamel du Monceau meurt en 1782, couvert de gloire et d'honneurs. L'homme a depuis sombré dans un quasi anonymat, connu de seulement quelques spécialistes. Il a mérité aujourd'hui de retrouver toute sa place dans l'histoire.

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Edité pour le tricentenaire de sa naissance  13/05/2000 (collect. perso)

Duhamel du Monceau en 10 dates
1700 : Naissance à Paris.
1718-21 : Études de droit à Orléans.
1728 : Duhamel sauve le safran.
1730 : Associé botaniste à l'Académie des Sciences.
1738 : Membre de l'Académie des Sciences.
1739 : Inspecteur général de la Marine.
1748 : Don à Louis XV de sa collection de maquettes.
1755-68 : Publication du Traité des arbres et des forêts.
1765 : Création de l'Ecole des ingénieurs constructeurs de la Marine.
1782 : Décès à Paris.

(sources Reflets du Loiret - Conseil Général - docu. Internet  et perso)

01/08/2007

FEMMES ET HOMMES CELEBRES DU LOIRET

Cité des Roses Bellegarde est aussi la ville du Duc d'Antin, fils de la Marquise de Montespan, la célèbre maîtresse de Louis XIV.

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Louis-Antoine de Pardaillan de Gondrin - c'est son vrai nom - était un personnage important à l'époque du roi Soleil. Le fameux Saint Simon le décrit comme "le plus habile et le plus raffiné courtisan de son temps".
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Né en 1665, le jeune Louis-Antoine est élevé par son père et n'entretient avec sa mère que de lointains rapports, celle-ci l'ayant quasiment abandonné deux ans après sa naissance pour rejoindre son royal amant. Il ne la reverra qu'en 1679 parce qu'il était malade. "le coeur de la Marquise, indique Saint-Simon, ne put jamais s'ouvrir sur ce fils qu'elle avait de sonmari. Lui-même n'aima jamais sa mère.
Malgré cela, Louis-Antoine mène de brillantes études et devient un gentilhomme apprécié pour sa culture et son esprit. Toujours selon Saint-Simon :
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"brutal par tempérament, il était doux et poli par jugement, empressé à plaire, personne n'avait plus d'art, de tour, de persuasion, de finesse, de souplesse ; il était et il disait tout ce qu'il voulait et comme il le voulait ; aucune bassesse durant vingt ans ne lui coûta....."
Habile et ambitieux, il embrasse la carrière des armes et devient lieutenant au régiment du roi en 1683. Trois ans plus tard, il épouse Julie-Françoise de Crussol, la fille du Duc d'Uzès.
En 1698 il est promu maréchal de camp "avant son rang". Endetté à la suite de la mort de son père en 1701, il s'adonne au jeu et à la mauvaise réputation d'aider la chance. Après une courte disgrâce, la faveur royale lui vient en 1707, grâce au mariage de son fils Louis avec une petite-nièce de Mme de Maintenon. Suite au décès de sa mère, la même année, il hérite alors notamment du château de Bellegarde qu'il réaménage après être devenu surintendant des bâtiments du royaume.
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Il fait construire deux pavillons qui encadraient l'entrée, ainsi que les jardins. Toujours en 1707, il reçoit le gouvernement du Vendômois et de l'Orléanais. En 1708, il est fait directeur des bâtiments, arts et manufactures, emploi dans lequel il cherche à faire aussi bien que Colbert.
Devenu Duc et Pair en 1711, il garde la faveur du roi jusqu'à la fin de son règne. Sous la Régence, il obtient la présidence du conseil du dedans, devient membre du conseil du Régent et est un des huit directeurs généraux de la compagnie des Indes.

Il s'éteint le 2 décembre 1736 à Paris et est inhumé dans son fief du Gâtinais en l'église paroissiale de Bellegarde.

25/07/2007

FEMMES ET HOMMES CELEBRES DU LOIRET

Jules LEMAITRE, écrivain aujourd'hui méconnu est pourtant l'auteur d'une œuvre littéraire importante et variée.

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Professeur de lettres puis membre de l'Académie Française, il fut un chroniqueur en vogue dans le Paris des années 1885. Des articles qui font sensation. On ne lit plus guère Jules Lemaître. Pourtant, cet enfant du Loiret, né à Vennecy le 27 avril 1853 de parents instituteurs, a connu son heure de gloire. Et son nom, bien qu'aujourd'hui peu connu de nos contemporains figure en bonne place dans l'histoire de la littérature française. Entré à dix ans au collège Sainte Croix d'Orléans, Jules Lemaître est ensuite admis au séminaire de Notre-Dame des Champs à Paris avant d'intégrer brillamment à 19 ans l'Ecole normale supérieure.
Attiré irrésistiblement par l'écriture, il compose des vers dès 1868. Nommé professeur au lycée du Havre après avoir été reçu à l'agrégation de Lettres, il choisit ensuite d'enseigner à l'Ecole supérieure de Lettres d'Alger puis est muté en 1882 à la Faculté de Besançon. L'année suivante, il devient docteur ès lettres mais quitte Besançon après la perte tragique de sa jeune épouse et de leur fille nouveau-née. Il regagne alors Paris où il connaît enfin le succès. Collaborateur à la célèbre "Revue Bleue", ses articles font sensation.
Chroniqueur-né, il devient le critique à la mode et tient à partir de 1887 une rubrique régulière dans le "Journal des Débats" puis dans la "Revue des Deux Mondes". Dans son ouvrage réputé "Les Contemporains", il fait revivre sous sa plume toute la vie littéraire des trente dernières années du XIXe siècle. Il saisit en pointe sèche et en taille douce des types d'hommes et de femmes qui, comme le mobilier, sont marqués par le "modern' style". Ecrivain aux talents variés, il publie de 1888 à 1898 ses "Impressions de théâtre", confie au "Temps" ses délicieux "Billets du matin" rédige un roman "les Rois" et développe une oeuvre théâtrale importante.
En 1895, il est élu à l'Académie Française et prend place dans le fauteuil occupé précédemment par Victor Duruy. Fidèle aux valeurs traditionnelles, il se risque peu sur le terrain de la politique, se contentant de patronner "l'Action française". En juillet 1914, tandis que commence la Grande Guerre, il revient à Tavers. Il s'éteint quelques jours plus tard, le 5 août, dans ce Val de Loire qu'il aimait tant et dont il a chanté en vers comme en prose, la poésie des paysages mesurés
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Par les couchants sereins et calmes, les mouettes
Vont mêlant sur la mer leur vol entrecroisé,
Tels des gris souvenirs pleines de douceurs secrètes
Voltigeant dans un coeur souffrant, mais apaisé.
L'une, dans les clartés rouges et violettes,
D'un coucher de soleil, fend le ciel embrasé,
Une autre comme un trait, plonge dans les eaux muettes
Ou se suspend au flot lentement balancé.
Nul oiseau vagabond n'a de plus longues ailes
De plus libres destins, ni d'amours plus fidèles
Pour le pays des flots noirs, cuivrés, bleus ou verts
Et j'aime leurs ébats, car les mouettes grises
Que berce la marée et qu'enivrent les brises
Sont les grands papillons qui butinent les mers.
Jules Lemaitre

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Mon chat, hôte sacré de ma vieille maison,
De ton dos élastique arrondis la souplesse.
Viens te pelotonner sur mes genoux, et laisse
Que je passe mes mains dans ta chaude toison.

Ferme à demi, les reins émus d'un long frisson,
Ton oeil vert qui me raille et pourtant me caresse?
Ton oeil vert, mêlé d'or qui, chargé de paresse,
M'observe, d'ironique et bénigne façon.

Tu n'as jamais connu, philosophe , ô vieux frère,
La fidélité sotte et bruyante du chien.
Tu m'aimes cependant, et mon coeur le sent bien.

Ton amour claivoyant et peut-être éphémère
Me plaît, et je salue en toi, calme penseur,
Des exquises vertus : scepticisme et douceur.
Jules LEMAITRE

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Jules Lemaître en 4 dates
27 avril 1853 : naissance à Vennecy.
1883 : Devient docteur es lettres.
20 juin 1895 : Election à l'Académie Française.
5 août 1914 : Décès à Tavers.

 
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