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11/12/2008

SOUVENIRS D'ENFANCE.....

Taguée par MICHE, l'ALPIN et BETTY..... j'honore  enfin le contrat ... raconter un souvenir d'enfance que je n'ai jamais oublié.

J'ai eu la chance de connaître mes arrières grands parents paternels jusqu'à 9 ou 10 ans. Je ne les voyais qu'aux vacances d'été, qui à cette époque duraient 3 mois. Dès le début juillet mes parents me conduisaient dans la famille de mon père, aux environs de Charleroi en Belgique. Mon frère faisait aussi partie du voyage mais il n'était pas question de le laisser... une heure loin de maman et c'était des pleurs à n'en plus finir. 

Il était donc entendu dès l'âge 4 ans, que j'y passerais mes vacances.  J'y retrouvais pépère Clément, (père de Papa) mon  "mononcle" Armand (frère de papa) et "tante Clémentine" chez qui je résidais la plupart des vacances, mon "mononcle" Omer (frère de papa) tante Eva et cousin Robert , les cousins Jules et Gabrielle leurs enfants et petits enfants, d'autres cousins, cousines chez qui j'allais en visite... des mois d'été extraordinaires où je me gavais de tartines de beurre salé, de gaufres liégeoises, de chocolats de toutes sortes, de tarte au sucre et au riz. A chaque visite je revenais les poches pleines de confiseries. Je crois bien que c'est de ce temps là que m'est venue cette gourmandise et cet amour immodéré pour le chocolat.

Avant de repartir, mes parents faisaient  une visite à mes arrières grands parents. J'ai l'image très nette de la route qui nous y menait  La mine, les térils  et les wagonnets  qui défilaient au loin, roulant sur un cable suspendu dans les airs...  aller et retour , vides, pleins... Ce spectacle me subjugait. Il n'existe plus depuis bien longtemps que la mine est fermée.  

Et puis on abordait la grande côte qui menait chez p'pa Jules et m'man Flore. Elle nous guettait depuis le début de l'après midi  sur le pas de la porte. P'pa Jules était assis sur sa chaise paillée, sa canne à proximité. Il était aveugle, aveugle d'avoir passé ses années de travail comme mineur de fond, silicosé aussi avec une toux  qui parfois le prenait  à ne plus pouvoir respirer. J'étais pressée d'y arriver, mais la côte était rude et j'étais rapidement essouflée à vouloir courir sous le soleil qui cognait dur en ce début d'après midi de juillet.

 Enfin j'y étais. Elle était là petite, menue, sautillante, souriante, le chignon blanc croulant  sur sa nuque. Elle nous embrassait, pleurait, riait, nous trouvait beaux, grands....  Elle sortait de ses poches de tablier des merveilles , ce tablier qu'elle utilisait pour essuyer nos larmes, moucher notre nez, sortir les tartes du four... un tablier de grand mère quoi .... des cigarettes et du tabac pour papa, des barres de chocolat Jaques et Côte d'Or, de ces boules de gommes acides qui nous crissaient les dents.... Pour maman et moi  un tablier. Le mien, de celui qui avait des bretelles avec des volants, froncé un max à la taille avec des grosses "floques" comme elle appelait les noeuds qui le retenait, un tablier qui "tournait" quand je faisais la toupie , dans les tons pastels... j'aimais le bleu et le rose et de larges rubans assortis pour retenir mes longues nattes, que maman pliaient en deux  comme des oreilles de cockers ou attachaient en couronne autour de ma tête. Important les deux gros noeuds. Pendant les vacances pas question de faire les belles anglaises que maman tournaient autour de son index, après avoir retiré les bigoudis de métal, qu'elle s'appliquait à poser en une rangée serrée et rectiligne, tous les soirs de l'année. Tout l'été mes cheveux étaient tressés pour faciliter le travail des tantes et cousines, préposées  à ma toilette et j'avais l'impression d'avoir une tête légère.  Pour mon frère c'était une barboteuse...  bien bouffante à la mode de l'époque.

Après bien des embrassades, des appels aux voisins "pour voir les petits de France", on entrait dans la maison au carrelage brillant, qui sentait bon le café et les agapes commençaient, elle sortait les gaufres, la tarte au riz et celle au sucre, le pain cramik, le beurre salé, les bouteilles de bière, de la PILS disaient les hommes et pour nous de la limonade  et un vin de cerises maison pour les dames. On avait faim, on avait soif..... Il faut dire qu'on ne faisait pas un repas le midi. C'était parfois une soupe,  des tartines avec de la charcuterie et surtout les très fines tranches de lard maigre fumé dont je me régalait   ... le repas, avec viande légumes et pommes de terre,  c'était  vers 17 h ...... les vacances allaient être merveilleuses .... Je reverrais papa, maman et Alain fin septembre .

Trois mois où j'allais être la princesse de toute cette famille éloignée et en particulier de pépère Clément .

08:00 Publié dans Hier | Lien permanent | Commentaires (14) | |  Facebook

Commentaires

Superbe histoire...j'ai vécu la montée sous le soleil avec toi et j'ai apprécié le vin de cerise bien frais à l'arrivée....Quelle belle définition du bonheur....Merci

Bises - AM

Écrit par : Anne Marie | 11/12/2008

Et bien en voila une bonne tartine,ça fait du bien de raconter ses souvenirs,les wagonnets,la mine .Mon père aime nous rappeler qu'il est allé à la mine pendant 70 ans toujours dans le même trou,ç'est pas rien pour quelqu'un qui a été maçon et sabotier .Un farçeur mon père.Bises Maminie.

Écrit par : heraime | 11/12/2008

Vraiment magnifique ton souvenir Annie. C'est fou comme "le sentiment" peut faire écrire de belles choses.

Surtout ne le perds pas, garde-le précieusement. C'est riche, beau.

Merci pour ce moment partagé. Je t'embrasse. Monique

Écrit par : monique | 11/12/2008

Coucou !
Un souvenir d'été d'une fillette heureuse et qui a eu la chance d'être avec ses arrières-grands-parents , ses oncles et tantes , un conte de fée . Merveilleusement bien raconté , je m'y voyais . Bizous Françoise !

Écrit par : françoise la comtoise | 11/12/2008

merci de nous faire partager ces beaux moments d' enfance on se régale avec vous - une enfance heureuse nous donne du bonheur pour toute notre vie - amitiés d' astrée
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un souvenir, c'est comme une pelote de laine douce. On tire le fil et tous les souvenirs remontent parfois emmélés, mais toujours présents dans un coin de la mémoire. .... merci d'être passée me rendre visite sur la toile.....
Bonne nuit et à bientôt
ANNIE

Écrit par : astree10200 | 11/12/2008

Oui vraiment de beaux (et bons) souvenirs, voilà une enfance comme on en voudrait pour tous !
Bisous
Biche

Écrit par : Biche | 11/12/2008

Un bien beau texte..
Une certaine nostalgie de l'enfance ...
Comme parfois , sans doute pour nous tous..
Avec toute mon amitié ..
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nostalgie de l'enfance, de l'insouciance, certainement !!! il est doux parfois de penser aux jours heureux quand les aléas de la vie nous bousculent .. Merci de ta visite Bernard et à bientôt.
Amitiés
ANNIE

Écrit par : bernard | 11/12/2008

Un vrai regal ton histoire .... je t'imagine ,petite fille choyée et certainement très gentille et souriante ... MERVEILLEUX SOUVENIRS .......
Chère Annie , tu as fais le bonheur de ta famille comme le font pour vous maintenant les petits enfants que tu chouchoutes ....
Que la vie continue ainsi dans l'affection et l'amour de la famille ....Merci pour ce joli témoignage ...
Bises de loubejac ....huguette

Écrit par : macary huguette | 11/12/2008

Tes souvenirs, Annie, sont plein d'amour sucré et autres marques d'affection qui vous remplissent le coeur et le corps de bonheur ineffable et rendent heureuse toute une vie. Entourée ainsi dès ton plus jeune âge de cette nombreuse famille, quelle joie !

Je t'embrasse,

Aliette

Écrit par : Aliette | 11/12/2008

bien tes souvenirs d'enfance dans une ville minière où les gens sont acceuillants, et comme tu dis, la chance d'avoir connu mes grands-parents. (je n'en ai pas connu que ce soit du côté de Maman que du côté de mon Père) on retrouve le tablier, les tartines.Bonne fin de semaine, bises.Renée

Écrit par : Renée | 11/12/2008

Comme j'ai bien fait de lire ton commentaire et de voir que tu ne dormais pas, toi non plus. Alors j'ai "foncé" pour arriver chez toi et je te lis avec émotion. Comme c'est bien raconté ! L'histoire du précieux tablier, elle est terrible ! c'était ça en effet. Il servait à tout.
Vraiment Maminie, continue ! bises à toi que je n'oublie pas. miche

Écrit par : miche | 12/12/2008

Maminie ... Au lit ! tu exagères, surtout si tu lèves la jambe demain... Vite, dodo ! moi aussi. Bonne nuit. A plus. miche

Écrit par : miche | 12/12/2008

Bonsoir Annie,


C'est incroyable tout ce qu'une mémoire d'enfant peut enregistrer restitué par la sensibilité de l'adulte:car oui, cette note émouvante nous fait revivre l'enfance.

Les couleurs,les odeurs, le tablier ,et ces noeuds,ailes de papillon roses, bleues,de gros noeuds oui.

Tu vois Annie le bonheur est là dans ces moments d'enfance.

Merci pour cette note ( je vais lire la suite).

Bises affectueuses

Betty

Écrit par : betty | 12/12/2008

Bonjour Annie,


Une note comme seuls les souvenirs d'enfance te permettent d'écrire. Nous te voyons tout à fait dans ta façon de raconter. Et quelle mémoire pour mettre les prénoms des grandes personnes en place.

Je comprends mieux que tu saches fredonner ' Une p'tite gayolle' sans difficulté.

Charleroi, la Meuse à ses pieds, ses Gilles en costumes, les terrils de Marcinelle et Marchiennes et son wallon incompréhensible pour nous. Je n'ai retenu qu'une expression imagée pour dire je vais couci couça : d- alai chiant bèrnant .

Nous y avons passé quelques dimanches avec nos enfants.

Bises du grillon

Écrit par : christian | 13/12/2008

Les commentaires sont fermés.

 
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