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24/06/2008

MAI 1968 – UN BILAN EXCEPTIONNEL

Les neuf millions de grévistes ont conquis pour tous les travailleurs de France, de nombreux  d’avantages.

Le 24 Mai 1968, après 8 jours de grève avec occupations, le gouvernement POMPIDOU convoqua, rue de Grenelle, une réunion tripartite qui, après 29 heures de discussions, n’aboutit à aucun accord mais à un procès-verbal. Ce PV comportait beaucoup de points positifs, mais c’était encore insuffisant. La CGT appela les Travailleurs à poursuivre la grève, dans chaque entreprise jusqu’à l’obtention de nouvelles concessions du patronat. Des discussions furent engagées dans des milliers d’entreprises en grève. Fin Juin 1968, 94 accords de branche étaient conclus.

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Le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) qui accusait un très gros retard sur le coût de la vie, fut augmenté le 1er juin 1968 de 35% à Paris et de 37% en province. Le SMGA, salaire minimum très faible des ouvriers agricoles, fut supprimé, ce qui aboutit pour eux à une augmentation de 56,2 à 59,4%. Dans l’ensemble pour les travailleurs les plus mal payés, les salaires augmentèrent de 20 à 30%. Pour certains jeunes, le cumul de l’augmentation du SMIG, de la suppression des abattements d’âge qui affectaient les minima conventionnels et de certains reclassements abouti à doubler les salaires.

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La CGT réclamait depuis longtemps l’échelle mobile des salaires. Malgré l’interdiction légale depuis 1958, qui subsiste aujourd’hui, le nombre des bénéficiaires de divers système d’indexation des salaires à triplé en quelques jours et n’a cessé de grandir par la suite. A l’augmentation des salaires proprement dite, se sont ajoutés plus de 60 avantages divers : classifications, titularisations, mensualisations, inclusions de primes dans le salaire, octroi de nouvelles primes et indemnisations, augmentation des primes existantes, réduction ou suppression des abattements d’âge et de zone, clauses de garantie de ressources, abolition des primes anti-grèves, etc …

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Avant 1968, il y avait trop d’heures supplémentaires et le retour aux 40 heures était réclamé dans toutes les luttes. En 1967, dans la quasi-totalité des branches, un début de réduction de travail sans diminution de salaire a été obtenu. A cela s’ajoute l’obtention des congés supplémentaires, de nouveaux jours fériés payés, des mesures de préretraite etc…. Pour les femmes et les jeunes, des avantages ont été obtenus dans le domaine de l’égalité des salaires ou de la promotion, de la protection de la maternité, de la formation professionnelle etc… Une cinquième semaine de congés payés fut acquise pour les jeunes dans une dizaine de branches.

En 1965, M Villiers, président du CNPF déclarait : « nous n’admettrons jamais la pénétration de l’action syndicale dans l’entreprise. Il faudrait qu’elle nous soit imposée de force …. » Les grévistes de 1968 ont eu cette force. Une annexe du protocole de Grenelle accordait d’un seul coup la liberté de constitution des sections syndicales d’entreprise, la protection des délégués syndicaux, un crédit d’heures de fonction, un local syndical dans l’entreprise, une réunion mensuelle dans l’entreprise, al libre diffusion de la presse syndicale, la liberté de l’affichage syndical, le libre collectage des cotisations. Un grand nombre de travailleurs ont obtenu le paiement total ou partiel des jours de grève. Le renforcement des syndicats fut considérable .

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Première réunion syndicale tenue sur le temps de travail
et rémunérée comme telle à Rhône-Poulenc Vitry

 Les retombées du mouvement de mai-juin 1968 furent multiples : relevé de conclusions du 2 juin 1968 dans la Fonction publique et les services publics – Loi du 27 décembre 1968 sur le droit syndical – Loire du 31 décembre 1968 sur la formation professionnelle – accord national interprofessionnel du 10 février 1969 sur la garantie de l’emploi etc….

EN 1968 LES TRAVAILLEURS ONT FAIT FAIRE EN QUELQUES JOURS

UN BOND EN AVANT CONSIDERABLE AU DROIT SOCIAL FRANÇAIS.

(source magazine VIE NOUVELLE – UCR CGT - Article de Maurice Cohen) 

Quand Nicolas Sarkozy prétend « tourner la page de Mai 68 une bonne fois pour toute » il ne faut pas s’y tromper : C’est la page des acquis sociaux et de la France qui se bat qu’il veut tourner. C’est la page du Front Populaire, du Conseil National de la Résistance, de la Sécurité sociale et des retraites par répartition… C’est la page d’une société plus égalitaire et plus juste qu’il veut tourner, mais certainement pas celle de l’individualisme et de l’argent roi au service desquels il met en œuvre sa politique. Résumer mai 1968 à une caricature d’un mouvement de jeunes pour qui « il est interdit d’interdire » n’est au fond, qu’un moyen de préparer le terrain aux remises en cause des acquis sociaux obtenus à la suite de combats collectifs……

 

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